‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 88 sur 409 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

SABINE

Écoutez un peu moins ces ardeurs généreuses, Et ne nous rendez point tout à fait malheureuses.

LE VIEIL HORACE

Sabine, votre cœur se console aisément ;

Nos malheurs jusqu'ici vous touchent faiblement:

Vous n'avez point encor de part à nos misères :

Le ciel vous a sauvé votre époux et vos frères:

Si nous sommes sujets, c'est de votre pays :

Vos frères sont vainqueurs quand nous sommes trahis;

Et, voyant le haut point où leur gloire se monte.

Vous regardez fort peu ce qui nous vient de honte.

Mais-volre trop d'amour pour cet infâme époux

Vous donnera bientôt à plaindre comme à nous :

Vos pleurs en sa faveur sont de faibles défenses;

J'atteste des grands dieux les suprêmes puissances

Qu'avant ce jour fini ces mains, ces propres mains,

Laveront dans son sang la honte des Romains!

SABINE

Suivons-le promptement, la colère l'emporte. Dieux ! verrons-nous touj ours des malheurs d e 1 a sorte ? Nous faudra-t-il toujours en craindre de plus grands, Et toujours redouter la main de nos parents?

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