‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 96 sur 409 · ACTE IV, SCÈNE V. d · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. d

Et nos deux frères morts dans le malheur des armes Sont trop payés de sang pour exiger des larmes : Quand la perte est vengée, on n'a plus rien perdu.

CAMILLE

Puisqu'ils sont satisfaits par le sang épandu, Je cesserai pour eux de paraître affligée, Et j'oublierai leur mort que vous avez vengée; Mais qui me vengera de celle d'un amant Pour me faire oublier sa perte en un moment?

Que dis-tu, malheureuse?

0 mon cherCuriace!

0 d'une indigne sœur insupportable audace! D'un ennemi public dont je reviens vainqueur Le nom est dans ta bouche et l'amour dans ton cœur! Ton ardeur criminelle à la vengeance aspire ! Ta bouche la demande, et ton cœur la respire! Suis moins ta passion, règle mieux tes désirs, Ne me fais plus rougir d'entendre tes soupirs : Tes flammes désormais doivent être étouffées; Bannis-les de ton âme, et songe à mes trophées; Qu'ils soient dorénavant ton unique entretien.

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