‹ Théâtre de CorneilleChapitre 148 sur 158 · SCÈNE V. — MÉLISSE, LYSE, à la fenêtre; PHILISTE, DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — MÉLISSE, LYSE, à la fenêtre; PHILISTE, DORANTE, CLITON

MÉLISSE

Est-ce vous?

PHILISTE

Oui, madame.

MÉLISSE

Ah! que j'en suis ravie! Que mon sort cette nuit devient digne d'envie ! Certes, je n'osais plus espérer ce bonheur.

PHILISTE

Manquerais- je à venir où j'ai laissé mon cœur?

MÉLISSE

Qu'ainsi je sois aimée, et que de vous j'obtienne Une amour si parfaite et pareille à la mienne !

PHILISTE

Ah ! s'il en est besoin, j'en jure, et par vos yeux l

MÉLISSE

Vous revoir en ce heu m'en persuade mieux;

Et sans autre serment, cette seule visite

M' assure d'un bonheur qui passe mon mérite.

CLITON

A l'aide !

MÉLISSB

J'ois du bruit.

CLITON

A la force ! au secours !

PHILISTE

C'est quelqu'un qu'on maltraite : excusez si j'y cours; Madame, je reviens.

CLITON, s'éloignant toujours derrière le théâtre On m'égorge, on me tue.

Au meurtre t

Il est déjà dans la prochaine rue.

DORANTE

C'est Cliton : retournez, il suffira de moi.

oI3 LA SUITE DU MENTEUR

PHILISTE

Je ne vous quitte point; allons.

(Ils sortent tous deux.)

MÉLISSE

Je meurs d'effroi.

cliton, derrière le théâtre Je suis mort !

MÉLISSE

Un rival lui fait cette surprise.

LYSE

C'est plutôt quelque ivrogne, ou quelque autre sottise Qui ne méritait pas rompre votre entretien.

MÉLISSE

Tu flattes mes désirs.

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