‹ Théâtre de CorneilleChapitre 17 sur 158 · SCÈNE PREMIÈRE. — AUGUSTE. EUPHORBE, POLYCLÈTE, gardes · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE. — AUGUSTE. EUPHORBE, POLYCLÈTE, gardes

AUGUSTE

Tout ce que tu me dis, Euphorbe, est incroyable.

otf CINNA

EUPHORBE

Seigneur, le récit même en paraît effroyable : On ne conçoit qu'à peine une telle fureur, Et la seule pensée en fait frémir d'horreur.

AUGUSTE

Quoi? mes plus chers amis! quoi? Cinna ! quoi? Maxime

Les deux que j'honorais d'une si haute estime,

A qui j'ouvrais mon cœur, et dont j'avais fait choix

Pour les plus importants et plus nobles emplois !

Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire,

Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire !

Maxime a vu sa faute, il m'en fait avertir,

Et montre un cœur touché d'un juste repentir;

Mais Cinna !

EUPHORBE

Cinna seul dans sa rage s'obstine, Et contre vos bontés d'autant plus se mutine; Lui seul combat encor les vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords, Et, malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées, Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

AUGUSTE

Lui seul les encourage, et lui seul les séduit ! O le plus déloyal que la terre ait produit ! O trahison conçue au sein d'une furie ! O trop sensible coup d'une main si chérie ! Cinna, tu me trahis ! Polyclète, écoutez.

(Il lui parle à l'oreille.)

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