‹ Théâtre de CorneilleChapitre 67 sur 158 · SCÈNE IL — PTOLOMÉE, PHOTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IL — PTOLOMÉE, PHOTIN

PTOLOMÉE

Photin, ou je me trompe, ou ma sœur est déçue : De l'abord de Pompée elle espère autre issue. Sachant que de mon père il a le testament. Elle ne doute point de son couronnement; Elle se croit déjà souveraine maîtresse D'un sceptre partagé que sa bonté lui laisse, Et, se promettant tout de leur vieille amitié, De mon trône en son âme elle prend la moitié, Où de son vain orgueil les cendres rallumées Poussent déjà dans l'air de nouvelles fumées.

PHOTIN

Seigneur, c'est un motif que je ne disais pas,

Qui devait de Pompée avancer le trépas.

Sans doute il jugerait de la sœur et du frère

Suivant le testament du feu roi votre père,

Son hôte et son ami, qui l'en daigna saisir :

Jugez après cela de votre déplaisir.

Ce n'est pas que je veuille, en vous parlant contre elle.

Rompre les sacrés nœuds d'une amour fraternelle;

Du trône et non du cœur je la veux éloigner,

Car c'est ne régner pas qu'être deux à régner :

Un roi qui s'y résout est mauvais politique ;

Il détruit son pouvoir quand il le communique

Et les raisons d'État... Mais, seigneur, la voici.

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