COMÉDIE EN UN ACTE ET EN VERS
Au leyer de la toile, madame Saioville est occupée & broder, et Blincour aehèye ie portrait de Jenny.
SCËNE PREMIÈRE BLINCOUR, MADAME SAINVILLE, JENNY.
BUNCOURT, à Jenny.
Levez un peu les yeux... encore... c'est cela.
MADAME SAINVILLE
Mais, quand finira donc, mon cher, ce portrait-là? C'est aujourd'hui, je crois, la seizième séance. Vous fîtes pour le mien pluç grande diligence; ^ Car il fut en six jours fait, retouché, fini, Encadré, mis sous verre et porté par Jenny.
BUNCÔUR.
En six jours ? *
MADAME SAINVnXE.
En six jours... J'ai compté...
BLINCOUR.
C'est poBsi*
MADAME SAINVILLE. [hlC. .
De quelque vanité si j'étais susceptible,
Je oroirais que mes traits ont sa tous inspirer Mieux que cetax de ma fille.
BUNCOUR.
On peut les comparer.
Mais Totre complaisance et votre exactitude Devaient de mon travail doubler la promptitude. Quand à mademoiselle, il n'en est pas ainsi ; Toujours rianty chantant, sautant ou courant
JSNNT, M ItTUif.
Oui?
Cherchez donc un modèle à peindre plus facile, Dès rftge de quinze ans, raisonnable, immobile.
BLUICOUR.
Un peu de patience encore.
JENNY
Pourquoi donc ?
Je suis trop vive...
BLINCOUR.
Allons, asseyez-vous?
JBNNT.
Non, non.
Je ne veux pas, Monsieur, que vous perdies vos peines.
BUNCOUa.
Un seul coup de pinceau...
Vos prières sont vâine6« Je n'abuserai plus d'un temp^ si précieux.
MADAMB SAINVnXK, regardant ia portrait.
Je le trouve parlant, mais un peu sérieux.
BUlfCOUR.
Vous croyez?