SCÈNE PREMIËEE
MADAIE SAINVILLE.
Dans les yeux elle a plus de folie.
BLINCOOR, à Jenny.
Voulez-vous rire un peu?
JENNY
Non.
BUNCOUR.
• Je vous en supplie.
MADAME SAINVILLE
Ris donc, puisqu'il le faut.
JENNT.
Je ne suis pas en train.
MADAME SAINVILLE
C'est un moment d'humeur, elle rira demain.
BUNCOUR.
Mais c'est si peu de chose ! un seul trait dans la joue
Elle serait charmante.
JENNY, courant se rasseoir. -
Il faut, je vous l'avoue.
Que je sois bien docile
BUNCOUA.
Un peu de mon c6té...
MADAME SAINVILLE
Il est d'une fraîcheur et d'une vérité
BUNCOUR.
Vous trouvez?
JENNY
(avec iasoaciance.) (trè» viTemoiit.)
Yoyonsdonc Oh! queje suis jolie!
146 yaOTEL GARNI
BUNCOUR.
II ressemble donc bien?
JENNY
Vous m'avez embellie.
BUNCOUR.
Du tout.
MADAME SAINVILLE
C'est un portrait qui doit vous faire honneur.
BLINCOUR (quittant le traTail.)
II est aisé de voir qu'il est d'un amateur.
MADAME SAINVILLE
Ou plutôt d'un amant, dont le pinceau fidèle Se plut à caresser l'image de sa belle.
BLINCOUR.
Oui, mon cœur me guida plus encore que mes yeux... Mais il n'est pas pour moi, ce portrait précieux !
JENNY, vivement.
Pour qui donc?
MADAME SAINVILLE
Vous l'aurez, Blincour.
BLINCOUR.
Douce assurance!
MADAME SAINVILLE
Lorsqu'à Blois, l'an dernier, nous fîmes connaissance, Sur le bien qu'en tous lieux de vous on me disait. Je vous promis Jenny; je tiens à ce projet... Mais le sort d'un époux dont le cruel silence Redouble, bêlas I pour moi l'ennui de son absence. D'un si doux avenir empoisonne l'espoir, ^'* mes intentions, vous devez le savoir.