‹ Théatre de DésaugiersChapitre 121 sur 265 · SCÈNE PREMIËEE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIËEE

MADAIE SAINVILLE.

Dans les yeux elle a plus de folie.

BLINCOOR, à Jenny.

Voulez-vous rire un peu?

JENNY

Non.

BUNCOUR.

• Je vous en supplie.

MADAME SAINVILLE

Ris donc, puisqu'il le faut.

JENNT.

Je ne suis pas en train.

MADAME SAINVILLE

C'est un moment d'humeur, elle rira demain.

BUNCOUR.

Mais c'est si peu de chose ! un seul trait dans la joue

Elle serait charmante.

JENNY, courant se rasseoir. -

Il faut, je vous l'avoue.

Que je sois bien docile

BUNCOUA.

Un peu de mon c6té...

MADAME SAINVILLE

Il est d'une fraîcheur et d'une vérité

BUNCOUR.

Vous trouvez?

JENNY

(avec iasoaciance.) (trè» viTemoiit.)

Yoyonsdonc Oh! queje suis jolie!

146 yaOTEL GARNI

BUNCOUR.

II ressemble donc bien?

JENNY

Vous m'avez embellie.

BUNCOUR.

Du tout.

MADAME SAINVILLE

C'est un portrait qui doit vous faire honneur.

BLINCOUR (quittant le traTail.)

II est aisé de voir qu'il est d'un amateur.

MADAME SAINVILLE

Ou plutôt d'un amant, dont le pinceau fidèle Se plut à caresser l'image de sa belle.

BLINCOUR.

Oui, mon cœur me guida plus encore que mes yeux... Mais il n'est pas pour moi, ce portrait précieux !

JENNY, vivement.

Pour qui donc?

MADAME SAINVILLE

Vous l'aurez, Blincour.

BLINCOUR.

Douce assurance!

MADAME SAINVILLE

Lorsqu'à Blois, l'an dernier, nous fîmes connaissance, Sur le bien qu'en tous lieux de vous on me disait. Je vous promis Jenny; je tiens à ce projet... Mais le sort d'un époux dont le cruel silence Redouble, bêlas I pour moi l'ennui de son absence. D'un si doux avenir empoisonne l'espoir, ^'* mes intentions, vous devez le savoir.

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