‹ Théatre de DésaugiersChapitre 5 sur 265 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

Sa gaieté ne l'abandoima jamais. G'e$d à elle qu*il rendit grâces de son salut, c'est elle qu*il nomme « sa généreuse libératrice. » Dans la préface de son premier recueil de chansons, il la remercie de l'avoir soutenu dans toutes ces épreuves, et il écrit ce dithyrambe en son honneur : « C'est elle (la gaieté) qui, me tendant une main seconrable sous un autre hémisphère, adoucit pour moi les périls et les horreurs d'une guerre dont l'histoire n'offrira jamais d^exemple. C'est elle qui me consola dans les fers où me retenait la férocité d'une caste sauyage, c'est elle enfin gui, m'eniironnant de tous les prestiges de Villasion, me fit envisager d'un œil calme le moment où, pris les armes à la main par ces cannibales, condamné par nn conseil de guerre, agenouillé devant mes juges, les yeux couverts d'un bandeau qui semblait me présager la nuit où j'allais descendre, j attendais le coup fatal... auquel j'échappai par miracle on plutôt par la protection d'un Dieu qui n'a cessé de veiller sur moi pendant tout le cours de cette terrible guerre. Une maladie cruelle fit bientôt renaître pour moi de nouveaux dangers. Ce n'était pas asser d'avoir été condamné par mes juges, je le fos par les médecins. J'allais périr quand la gaieté, mon inséparable compagne, soulevant d'une main le vofle de l'avenir, me montra de l'autre le beau ciel de ma patrie où le bonheur semblait m'appeler. » Lorsqu'il fut entré en convalescence, le jeune Désaugiers ne voulut pas rester plus longtemps à la charge de l'excellente femme qui l'avait recueilli. IL se rendit à Philadelphie où il tira parti de son talent de pianiste. Il donna des leçons, fut reçu dans les meilleures maisons de la ville, et bientôt se trouva à Tabri du besoin. Deux années s'écoulèrent. L'image

Page 1