‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 145 sur 307 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

CHAVIGNI

Non, avec ces dames; je leur ai confié l'objet de ma mison... ce costume de bal que je venais...

LE COMTE

Encore !...

CHAVIGNI

Pour vous, c'est sans intérêt; mais pour ces dames, c'est ne affaire d'État. Elles dut daigné me seconder, au point ne j'ai maintenant tout ce que je désirais.

Tenez, Chavigni, je suis, comme tout autre, sujet à l'erreur; lais quand j'ai eu des torts, j'aime à les reconnaître, et sur- »ut à les réparer. Eh bien! oui, je vous ai mal jugé; je ne 3US soupçonnais point les talents et l'habileté que vous avez îployés aujourd'hui. Je reviens de ma prévention , et, pour 3US le prouver, joignez-vous franchement à moi ; confiez-moi ! véritable motif de votre mission, et ma fille est à vous.

CHAVIGNI

0 ciel ! il se pourrait !

ISABELLE

Ah ! que de bonté! de générosité!... Et vous ne tombez pas ses pieds !

CHAVIGM.

Si vraiment, c'était bien mon idée; mais c'est que...

LE COMTE

Eh bien ! vous hésitez?

CHAVIGNI

Non, sans doute; mais un pareil bonheur... un coup si inatiudn. et dans la t^iliialion où je suis... je dé ire au moins un istantde réllexion.

LE COMTE

C'est trop juste.

CHAVIGNI, à part.

Que vais-je faire? lui avouer... quoi? que je ne sais rien, ue je n'ai pas de secret, que je suis un sot! 11 est capable de e pas me croire ; et s'il me croit, c'est encore pis ; je perds >n estime et tout espoir à la main de sa fille. Non , ma foi, )nservons au moins l'honneur, c'est toujours cela de sauvé.

Eh bien! Monsieur, répondez donc.

LE COMTE

Étes-vous décidé ?

CHAVIGM.

Oui, monsieur le comte. Placé entre le devoir et l'amour, j'ai été sur le point de céder à ce dernier; mais le talent que vous m'accordez, le mérite que vous avez cru recotmaitre en moi, je perdrais tout si je disais un iftot , et c'est pour rester digne de vous que j'ai résolu de me taire.

ISABF.LLE.

0 ciel ! que vieus-je d'entendre ?

LE COMTE

Refuser la main de ma fille, repousser mes bienfaits! c'est indigne, c'est affreux I (a part.) C'est bien à lui... Je ne m'y attendais pas.

Air de la valse des Comédiens.

Mais qu'ai-jo vu? Son Altesse s'avance.

Auprès tlu prince , à mon poste je cours.

(a Chavigni.) Entre nous deux, Monsieur, plus d'alliance ; Mais mon estime est à vous pour toujours !

(a part.) Déjà chez lui tant d'aplomb et d'adresse ; Il faut, morbleu! l'observer avec soin; Pour parvenir, immoler sa tendresse; Je mo trompais, ce jeune homme ira loin.

Dans ce salon Sou Altesse s'avance, etc.

CUAVIGM.

J'avais raison de garder le silence;

Il me sert mieux que les plus beaux discours.

De le fléchir je garde l'espérance,

Car son estime est à moi pour toujours.

ISAlîKLLE.

Ah! c'est affreux! l'out-nn, lorsque j'y pense, A sa fortune immoler ses amours!

Oui, pour mon cœur il n'est plus d'tvpérance ; Je r.ibandonne, hélas! et jiour toujours. (Lc comte tort, Isabelle Ht; dispoHc n le suivre , Chnvig^iii la rcïticiil, i>t la ramène sur le dovaut Ac la scène.)

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