‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 184 sur 307 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Les précédents, LORD ELMVOOD,

MISS MILNER, courant à lui.

Ah! c'est vous, milord! quest-il donc arrivé?

ELMVOOD.

Rassurez - vous : celui que vous aimez n'a couru aucu; danger.

SANDFORT.

Mais ce bruit que nous venons d'entendre?

ELMVOOD.

En essuyant le feu de lord Frédéric, jo lui ai acconlé la sa tisl'action qu'il me (leinandiiit.

àctNE XIV. 207

SANDFORT.

Ah! milord , je ne vous reconnais pas là; c'était manquer à votre parole.

ELMVOOD.

Non, car en refusant de tirer sur lui. (a miss Miiner.) j'ai tenu la promesse que j'avais faite de ne point exposer sa vie.

SANDFOnT.

Et la vôtre , morbleu ! la vôtre, qui nous appartenait?

ELMVOOD , lui prenant la main.

Pardon , j'avais oublié qu'il me restait un ami.

MISS MILNER

Ah! Monsieur!

ELMVOOD.

Alors seulement j'ai pu avouer à lord Frédéric que vous l'aimez, que vous l'acceptez pour époux.

MISS MILNER

0 ciel! il le sait!

ELMVOOD.

J'ai ajouté que désormais ce mariage était mon seul vœu, mon seul désir. Si vous aviez vu quelle joie il a fait éclater! ivec (juelle reconnaissance il s'est jeté dans mes bras en me lemando.nt pardon! Eh bien! Miss, qu'avez^vous ?

MISS MILNER

Rien, Monsieur; je suis contente, je suis heureuse; j'ai jauvé des jours qui m'étaient bien précieux ! mais je ne puis vous dire ce que j'éprouve.

ELMVOOD.

Ah! je le devine, vous êtes inquiète de ne pas le voir paraître; malgré mes protestations, vous tremblez encore pour lui. Rassurez-vous: dans son impatience, il m'a quitté pour tout disposer, car il faut que ce maiiage se fasse aujourd'hui même.

MISS MILNER

Quoi, Monsieur! il pourrait exiger...

C'est moi qui l'ai voulu; c'est moi, miss Milner, qui vous e demande.

MISS MILNER

Et moi, si je vous suis chèie, je vous supplie de différer le quelques semaines.

208 sl.Ml'LE HISTOIRE.

ELMVOOD, vivement.

Pas d'Tin jour, pas d'un instant, ou je ne le pourrais pas...

SANUFORT.

Que dites-vous?

ELMVOOO, froidement.

Je ne pourrais pas \ assister ; car demain, de grand matin , je pai's , je quitte l'Angleterre.

MISS MILNER

0 ciel !

SANDFORÏ.

Vous partez seul?

ELMVOOD.

Non, car j'ai pensé que vous viendriez avec moi.

SANDFORT.

Et vous avez bien fait.

ELMVOOD, à miss Millier.

Des affaires particulières m'appellent en Italie. Depuit quelque temps , depuis la mort de mon frère , j'étais le seul descendant des comtes d'Elmvood. Or, on a pensé qu'il ne fallait point, après moi, laisser passer à une branche protestante les biens et les titres d'une famille catholique; et c'est dans l'intérêt même de notre cause que la cour de Rome vieut de me délier de mes vœux.

Miss MILNER.

Que dites-vous ?

ELMVOOD.

Ce sont là ces papiers que j'ai reçus ce matin, et dont jt voulais vous faire part à tous deux ; ce changement d'état (lue, du reste, je voyais avec indillérence, m'aflligeail seulement par ridée de vous laisser seule.

Air : Faut l'oublier.

J'avais jti'omis ii votre père De remplir «n devoir bien douv; Et je suis resti' près do vous Tant que je vous fus néressaire.

Je vous guidais avec ett'roi Sur une route périllousc; Mais un autre obtient votre fol ; Un autre peut vous rendre heureuse, Vous u":ivi'/ |ilii>. hi'soiii di^ nioi.

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