‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 186 sur 307 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

MISS MILNER, SANDFORT.

SAISDKORT.

Enfin, nous voilà donc tous d'acord; ce n'est pas sans peine. le puis vous le dire maintenant, j'ai cru que jamais' nous l'en sortirions; mais, grâce au ciel, tout est Uni à lasatisfacion générale , et j'espère que vous devez être bien contente.

MISS MIL^ER

Ah ! je n'y liens plus ; j'en mourrai', je crois.

SAMd'ultT.

Kh bien! qu'avez-vous donc? n'allez-vons pas pleurer? naiiil('iiaiit que vous êtes heureusi' , iiiaiiilcnant (|ue vous ipousez celui que vous aimez?...

MISS MILNKK.

Et si je ne l'aimais pas ?

SANDl'OKT.

Qu'est-ce que cela signifie? Est-ce que nous allons recomnencer?

Monsieur Sandt'orl, daignez m'écouter.

T. Xlll. i%

SANDFORT.

NoU; Mademoiselle, c'en est trop, et je n'écoute rien. 11 s' git ici de l'aimer une fois pour toutes, et que cela finisse.

MISS MILNEK.

Et je ne le puis... Si j'en aime un autre ? *

SANDFORT.

On autre! est-ce que cela est possible? est-ce que je pi récuser le témoignage de mes yeux? est-ce que je n'ai pas ^ tout à l'heure encore la tendresse que vous portez à lord Fi déric? votre pâleur, votre eflroi au moment du combat...

MISS MU.NEn.

Était-il donc le seul dont les jours étaient menacés? Êt( vous donc si aveugle , monsieur Sandfort . et pensez-vous q je ne prenne aucun intérêt à lord Elravood?

SANDFORT.

Lord Elmvood!

MISS MILNER

Oui, je l'aime, et c'est lui seul que j'ai toujours aimé.

SANDFORT.

Bonté de Dieu ! que me dites-vous là? et que de malheu je prévois! dans ce moment siutout, après ce duel, ce coi bat , après la parole donnée. Pourquoi aussi ne pas dire que vous pensez? et pourquoi ne pas le dire tout de suite?

Est-ce que je le pouvais, lorsque mon tuteur n'était pas bre, quand des nœuds sacrés l'enchaînaient à jamais? Ce idée même était un crime; et, loin d'avouer un tel amoi j'am'ais voulu me le cacher à moi-mèmo. De là les conséqne ces, les contradictions que vous blâmiez dans ma conduit ces adorateurs dont j'encourageais les liuininages , ces soin brillantes, ces plaisirs dont je m'environnais : tout cela él autant d'armes que je cherchais contre lui; et, loin de l'o blier, je me trouvais encore plus malheui-euse.

SANDFOIIT.

Eh bien! alors, puisque cela vous rendait malheureus pourquoi l'aimiez-vous? .

MISS MILNER

Ah ! c'est que ces tourments mêmes avaient leui* charme

SANDFORT.

Par exemple , voilà des choses dont je n'avais jamais ( l'idée!

Page 1