SCÈNE XVIII
Les précédents, SAINDFORT.
SANDFORT, entrant par le fond, et apercevant ce tableau.
Quevois-je! miss xMilner dans ses bras! (courant à Frédéric.) Tout est donc connu et arrangé?
FRÉDÉRIC
Eh! sans doute!
SANDFORT.
Comment cela est-il arrivé? comment avcz-vous su qu'elle l'aimait ?
FRÉDÉRIC
Hé ! qui donc ?
SANDFORT.
Son tuteur.
ELMVOOD ET FRÉDÉRIC.
Qu'ai-je entendu?
MISS MILNER, allant à Sandfort pour le faire taire.
Malheureux! ils l'ignoraient!
SANUFORT.
Dieu! qu'ai-je fait! non, non, elle ne l'aime pas; mettez que je n'ai rien dit; (à Frédéric.) c'est vous seul qu'elle aime j ou du moins qu'elle épouse; il n'y a que cela de vrai.
FRÉDÉRIC
Vous avez raison ; telle est la vérité qu'on voulait me cacher, et que, grâce à vous. Je connais enfin.
ELMVOOD.
Monsieur, vous pourriez supposer?
FRÉDÉRIC
Oui, milord, c'est vous que j'accuse de m'avoir méconnu ^ de m'avoir outragé. Avoz-vous pu penser que. dans la lutte qui s'étahlit entre nous , je resterais continuellement chargé du poids de vos bienl'aits? ou me jugez-vous.incapable de m'acquitter jamais? C'est là un aflVont dont, en véritable Anglais, je vous demanderais raison si je pouvais tom-ner contre vous l'épée de colonel que vous m'avez fait obtenir; mais à défaul de cette vengeance, j'en trouverai une à laquelle vous lu pourrez vous soustraire; vous avez épargné mes jours ; vou; m'avez raccommodé avec mon oncle; vous avez assiué niî fortune, mon avenir : voilà de grands bienfaits, de grands services sans doute; eh bien ! d'un seul mot je les égalerai, je les surpasserai encore. (Regardant miss Miiner.) Je l'aime, je l'adore, elle est à moi, vous me l'avez donnée : eh bien ! (prenant la maii
de loni Elravood et celle de miss Milner.) épOUSCZ-la, et SOyOUS quittes ELMVOOD.
Dieu! qu'cntends-je?
Oiielle générosité!