SCÈNE VIII
SAINT-JEAN , ZANETTA, sortant de l'appartement de Juliette.
Là, il faut encore refaire ce berret. Mon Dieu ! que ces gr^andes dames qui ont du chagrin sont difficiles à habiller; rien ne leur va.
SAINT-JEAN , s'approchant.
Mademoiselle?
ZANtriA.
Ah! pai'don, Monsieiu-, je ne vous voyais pas.
SAINT-JEAN
Un mot, je vous en supplie, j'ai peu de temps, et je suis
T. XIU. u
234 l'ambassadeur.
forcé d'aller droit au fait; dites-moi , avez- vous un amoureux'
ZANETTa, étonuée.
Comment ! Monsieur ! qu'est-ce que c'est que ces questions-là
SAINT-JEAN
Je conçois qu'avec une figure aussi piquante , ma demandi doit vous paraître mie impertinence ; mais j'ai le plus grani intérêt à savoir...
ZANETTA , à part.
Est-ce qu'il voudrait se proposer? un valet de chambré d'am bassade, un homme titré; te serait un parti très-sortable.
SAINT-JEAN
Eh bien?
Monsieur, on ne répond pas à des demandes aussi indiscrètes, et à moins que vous ne vous expliquiez plus clairement...
SAINT-JEAN
C'est que, moi, j'en ai un à vous proposer.
ZANETTA
Un amoureux! quoi! Monsiem?
SAlNT-JEAN.
Il ne s'agit que d'une ruse innocente, d'un amour sans con séquence, d'une passion à part ; ça ne vous obligera à aucur sacrifice contraire à vos sentiments particuliers, si vous er avez.
ZANETTA
Ah çà! qu'est-ce qu'il dit donc?
SAINT-JEAN
Qu'il y a cent piastres destinées à la jolie Zanetta, si elle veut pour quelque temps seulement, aimer monsieui' Frédéric.
ZANETTA
Air lie Marianne.
Ah! grtiDd Dieu! quelle audace extrême!
SAINT-JEAN
Vous ne me comprenez pas bien.
Il suflil d'avouer qu'on l'aime.
Cela ne vous enK^K^ à rien.
ZANETTA
Kh quoi 1 vraiment,, C'etl un semblant?