‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 218 sur 307 · I.E COMTE } TOyant Frédéric aux pieds de Zanetta · texte numérisé non relu

I.E COMTE } TOyant Frédéric aux pieds de Zanetta

Que vois-je?

SAINT-JEAN

0 spectacle touchant! triomphe de l'amour et de la sensibilité ! je ne puis retenir mes larmes. Ah ! c'est vous, monsieur le comte! (Frédéric se relève.) Vencz être témoiu d'une réconciliation qui aurait attendri un barbare.

LE COMTE

Une réconciliation!.. Eux qui ne se connaissaient pas!..

SAINT-JEAN

Vous l'aviez bien deviné, c'était une ruse, ou plutôt c'était une querelle d'amoureux; car c'est au moment de la séparation que l'explosion a éclaté; deux volcans, monsieur le comte! J'ai voulu les arrêter, impossible; ils se sont précipités dans les bras l'un de l'autre, en criant qu'ils ne voulaient plus se quitter, non jamais ! plutôt mourir; enfin le délire de la passion...

LE COMTE

Quoi! Monsieur, au moment où j'avais tout préparé poiuvotre départ?

FRÉDÉRIC

Maintenant, Monsieur, il est impossible! je reste.

Et vous. Mademoiselle, qui étiez déjà décidée à vous saciifier?

ZANETTA

J'avais trop présumé de mes forces, et je ne puis que vous repéter ici ce que je vous ai notifié ce matin : j'aime Frédéric, Monsieur,

LE COMTE

C'est connu, (a part.) Allons, il y a là-dessous quelque chose d'inexplicable; mais on se moque de moi, c'est clair ; nous allons voir, (Haut.) Je n'ai rien à dire, j'ai voulu vous rendre à la raison, j'ai rempli mon devoir; mais puisque rien ne peut vaincre cette grande passion, je me rends.

TOUS

Quoi! Monsieur.

254 l'ambassadeur.

LE COMTE

Votre père, le marquis d'Aveiro, n'est point un barbare, un tyran. « Si après avoir tout tenté, m'a-t-il dit , vous pensez a que cette jeune fille soit nécessaire au bonlieur de mon fils, c( je vous permets de les unir, »

FRÉDÉRIC, quittant la maiu de Zanetta.

Comment?

SAINT-JEAN, étourdi.

Oh! Diavolo!

ZANETTA, à part.

Dieu! épouser un mai'qujs.

LE COMTE, les observant.

Votre constance méritait bien un pareil prix, et c'est dans la chapelle de l'ambassade, en ma présence, que vous; allez être mariés.

PRÉDÉHIC.

Un moment.

Tenez ferme.

SAINT-JBAN, bas.

ZANETTA

Air du hleiive de la vie.

Qui? moi, je deviendrais marquise!

» LE COMTE

Eh quoi! vous semble/ refuser! -

SAINT-JEAN, bas.

Déguisez moins votre surprise.

FRÉDÉRIC

Veux-tu que j'aille l'épouser?

SAlNT-JEAN, de même.

Afin d'éclairur ce mystère.

C'est une ruse, je le vol.

Je le laisserais dire.

ZANETTA

Et moi Je le laisserais Taire.

LE COMTE

Eh mais! quelle froideur! vous ne me remerciez pas? vous ne tombez pas dans mes bras?

KUÉDÉRIC.

Monsieur, certainement que je suis touché, mais mon père?...

LE COMTE

Je vous ai dit qu'il m'avait envoyé son consentement.

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