‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 232 sur 307 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SUZETTE, EDOUARD, s'appuyant sur le bras de BERTRAND. BËRTKAND.

Ne craignez rien, mon capitaine. Je suis là pour soutenir le corps d'armée.

SUZETTE, courant à lui.

Y pensez-vous, Bertrand, avec votre jambe.

EDOUARD, prenant le bras de Suzette.

Elle a raison. Tu aurais besoin toi-même de soutien.

UKRTRA^D, frappant sur sa jambe.

Laissez donc, c'est aussi solide qu'une autre, et quand ça casse, on en a de rechange. Vous nepouri'iez pas en dire autant.

SU/KTTE, donnant toujours le bras à Edouard, et le conduisant vers le fauteuil qui est à droite.

Ne vous pi-essez pas, et appuyoz-vous sur moi. Comment cela va-t-il ce matin?

tDOUARD, s'asseyaut.

Mal. Je souflre horriblement.

Allons donc, taon capitaine, qu'est-ce que c'est que de s'écouter comme ixne petite maîtresse? Je vous ai vu marcher gaiement sous le feu du canon , et pour un misérable accès de fièvre, voilà que vous avez le frisson?

EDOUARD

Tu en parles bien à ton aise. Si tu avais dansé hiei*, comme moi. douze contredanses.

BEBTAND.

11 est de fait que dans le moment je ne pourrais pas en fair autant, parce que chez moi les amours et les zéphyrs ne bat lent plus que d'une aile. Mais vous, morbleu I

SDZETTE.

N'allez-vous pas le gronder parce qu'il souflre, et lui fain mal à la tète ?

BEUTHAKD.

C'est juste; je n'entends rien à tout cela.

Air : Au temps heureux de la chevalerie.

Des médecins et de la pharmacie Un bon soldat connaît peu les secrets; Est-il blessé, le scliuik et l'eau-de-vie D'une compresse ont bientôt fait les trais. Et je m' souviens qu" souvent, à l'ambulauce, Pour nous panser quand arrivait 1' flacon,

(Faisant le geste de boire.) En d'dans, morbleu! je prenais l'ordonnance, Et la victoire ach'vait la guérison.

(Pendant ce couplet , Suzette va s'asseoir auprès de la table à droite d'Edouard.

Aussi, je vous laisse avec mademoiselle Suzitte, parce qu'ei fait de garde-malade, elle vaut mieux que moi; si attentive si diligente ! Ce matin, vous ne croiriez pas qu'elle était levé< à (quatre heures ?

EDOUARD

11 se pourrait!

BERTRAND

Peut-être plus tôt; car, en sortant de votre appartement, ji l'ai trouvée qui m'a demandé de vos nouvelles avec tant d'in térèt, que ça m'en a fait peur. Je vous ai cru plus malade qu( vous n'étiez.

EDOUARD

Bonne Suzett»* !

BKKTIIAND.

Vous avez raison, c'est une boiuie tille; cane fait pas di phrases ni d'embarras, comme toutes les femmes de chambrt de ces dames, qui font tant de coquetteries dans l'antichambre <|iie (|uelqucfois on se croirait au salon. Mais en revanche c'est mode^te, c'est honuèle, c'est ullaché à ses maîtres, c'es' sage surtout; car parmi tous ces jeunes gens, vos amis, i

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