ACTE l, SCÈNE X
aimez, je le sais; et quand cette première ardeur sera évaporée, que votre amour pour elle sera dissipé, il ne vous restera plus rien que le sentiment de votre faute et le regret de l'avoir commise. Ce sont ces rejçrets que ma prudence veut vous épargner; et jusqu'à ce que la raison vous revienne, je saurai bien vouJi,reiidre heureux malgré vous. Dès ce soir donc vous quitterez ces lieux.
EDOUARD
Moiî... que dites-vous?
SUZETTE, qui est entrée sur ces derniers mots , mais qui reste au fond du
théâtre.
0 ciel! il va partir!
M. DE BREMONT
Et voici Suzctte elle-même, à qui j'ai ordonné de venir ici pour recevoir vos adieux.
EDOUARD, allant à elle.
Jamais je n'y consentirai; et si vous me foicez à quitter Suzette, le dessein dont je vous parlais tout à l'heure, je vous jure que je l'exécute à l'instant.
M. DE BREMONT
Malheureux!
Air du vaudeville des Scythes.
Un pareil mot est sorti de ta bouche ! Tu veux t'armer de mes propres aveux : Eh bien! ingrat, puisque rien ue te touche, Va, laisse-moi, va mourir, tu le peux ! D'autres que toi me fermeront les yeux.
Par un clultimeut bien sévère.
Mes anciens torts aujourd'hui sont punis : Ainsi jadis j'abandonnais mon père.
J'ai mérité d'avoir un pareil fils.
Je devais avoir un pareil fds.
EDOUARD, se jetant à ses pieds.
Pardon ! pardon, mon père !
M. DE BREMONT
Oui, ce nom me rappelle mes devoirs, et je sais maintenant ce qu'il me reste à faire. Allez au salon retrouver ces dames; plus tard vous connaîtrez mes ordres. Laii'scz-nous. (Edouard
s'incline et teutre dans la chambre a droite.]
:2fi6 LE MARIAGE DE RAISON.