PINCHON, MADAME PINCHON
MADAME PINCHON
Et moi je ne le veux pas.
PINCHON
J'entends bien, ma petite femme; aussi ce n'est pas moi qui le veux, c'est le général.
N'importe, tu ne devais pas le souffrir; laisser partir ce brave^Bertrand , qui est notre parent, notre ami. Enfin, c'est l'honneur de la famille; c'est le seul militaire que nous ayons; et s'il était tué, ça n'est pas toi qui le remplacerais.
PINCHON
Ce n'est pas là ce que tu me disais il n'y a pas bien longtemps encore.
MADAME PINCHON
Mon Dieu, monsieur Pinchon, il y a temps pour tout; et il
294 LE MAaiAGE DE RAISON.
ne s'agit pas de cela dans ce moment. Bertrand est-il parti?
PI>CHON. '
Je le crois, car il a été chez lui prendre son paquet, et d'puis on ne l'a plus revu.
MADAME PINCHON
Et nous ne l'avons pas embrassé ! nous ne lui avons seulement pas demandé s'il avait besoin de nos services!
PINCHON
Si fait, si fait, à telles enseignes que c'est lui qui m'a demandé de l'argent; mais je ne voulais pas sans te prévenir...
MADAME PINCHON
Est-ce que tu as besoin de mon consentement pour obliger un ami? Faut-il être bète!
PlNCHON.
Est-elle bonne; a-t-elle un bon cœiu'! il n'y a pas une femme comme celle-là.
MADAME PINCHON
De sorte que ce matin, pendant que j'étais au marché, pendant que je m'occupais des affaires de la maison , tu n'as rien fait que des bêtises ; tu n'as pas même eu l'esprit de payer nos arrérages, et d'avoir notre quittance.
PINCHON
Puisque dans cette famille personne ne veut d'argent. Le père dit que cela regarde son fils , parce que c'est le bien de sa mère, et qu'il est majeur ; et le fils m'a dit qu'il n'avait pas le temps, et que, d'ailleurs, il compterait plus tard avec toi, et qu'il t'attendrait ici, dans le pavillon.
MADAME PINCHON
Et moi, j'ai voulu que tu vinsses avec moi.
PINCHON
Et pourquoi ?
MADAME PINCilON.
Parce que... Je n'ai pas besoin d'autre raison. Je te dis... parce (lue.
PINCHON
C'est juste. Fallait me le dire plus tôt.
MADAME PINCHON
C'est que ces hommes... celui-là surtout, (;a ne se doute de rien, ça ne pense à rion; et si on n'avait pas de la tèta pour (li'iix. je 110 .sais pas ce que deviendrait la sienne.