‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 260 sur 307 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

M. DE BBEMOIST.

Oui, mon enfant; parle maintement; parle tant que tu

voudras, je ne t'en empêche pas. (Madame Pinchon et son mari passeut du côté de Suzette, qui se trouve entre eux; M. de Bremont est à sa gauche.) ^ MADAME PINCHON.

m Que je suis contente! et que je lui en fasse mon compliment. Cette chère Suzette, la voici donc notre cousine. Mais comment ça s'est-il fait? vous vous en êtes donc doutée, vous l'avez donc deviné? car ce pauvre Bertrand n'aurait pris sur lui-même... Imaginez-vous que tous les soirs il venait à la ferme, et il me disait : « Je n'ose pas, elle ne voudra pas de moi, elle me repoussera. » En parlant ainsi, de grosses larmes roulaient dans ses yeux ; et si vous saviez ce que c'est que de voir pleurer un militaire , ça fait mal.

PINCHON

Et ce matin, quand il croyait partir, ces papiers qu'il m'avait confiés pour vous, et que je devais vous remettre en cas de malheur; tout ce qu'il avait, tout ce qu'il tenait de la générosité de M. le comte, c'est à vous, Mademoiselle, qu'il le donnait.

SUZETTE

Que me dites-vous?

PINCHON

Les voilà; ça appartient maintenant, non pas à lui, non pas à vous, mais à tous les deux, ce qui vaut bien mieux, sans compter ce que fera encore M. le comte; car je suis bien sûr...

SUZE'ITE

Monsieur Pinchon.

M. DE BItEMONT.

Il sufût, cela me regarde; maintenant, mes amis, laisseznous.

MADAME PINCHON

C'est que nous voulions parler à monsieur votre lîls pour nos arrérages, et nous l'attendions ici.

M. DE BREMONT

H n'habite plus ce pavillon, j'en ai disposé; mais si vous voulez le voir au château, ne perdez pas de temps, dépêchezvous, car dans deux heures il sera sur la route de Paris.

MADAME PINCHON

Eh! vite! dépêchons-nous. Adieu, monsieur le comte; au revoir, cousine. Je n'ai pas encore osé vous embrasser , quoique j'en aie bien envie.

SUZKTTi;,

Ah! Madame! Ah! ma cousine!

MADAME PINCHON

Quoique élevée mieux que nous, je sais que vous êtes bonne, que vous n'êtes pas fière, et vous nous permettrez de vous aimer comme nous aimons Bertrand , n'est-il pas vrai"? Eh bien ! monsieur Pinchon , tu me laisses là , et v'ià que j' m'attendris. Viens -t'en donc vite. Adieu, monsieur k comte; adieu, madame Bertrand. (Elle son avec Pinchon.)

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