ACTE II, SCÈNE V
qu'il me lait , les deux cent cinquante francs de ma croix d'honneur, c'est à vous, je vous les abandonne.
Air de la Sentinelle.
Four la parure et pour l'air ôlétfant,
Je veux qu' ma femme éclips' foutes les autres;
Que j' suis heureux! c' ruban teint de mon sang
Va me servir pour acheter les vôtres.
Avec orgueil j' verrai ce front brillant
Paré des dons que j' tiens de la victoire ; Et je u' pourrai plus maintenant Penser à mon bonheur présent, •Sans m' rappeler mon ancienn' gloire.
Ainsi v'iàqui est décidé. Dans les bals, dans les fêtes de villages, on nous verra toujours ensemble ; moi, par état, vous vous en doutez d'avance, je ne serai pas volage , je n' courrai pas après d'autre, je serai toujours à mon poste, auprès de vous, à vos côtés, non pom* »vous contraindre ni pour vous gêner dans vos plaisirs : faites comme si je n'y étais pas; seulement, quand vous aurez besoin d'appuF, étendez la main, et rappelez-vous que je suis là.
SUZETTK.
Ah ! Monsieur, que de bontés !
BEUTKAND.
Tout ce que j'attends de vous c'est votre estime, votre ami- ,ié. Laissez- vous être heureuse, laissez-vous être aimée, et un our çavous gagnera peut-être. Vous vous direz : « Ce pauvre Bertrand! j' n'ai pas de meilleur ami au monde, il m'aime |.ant! il ne faut pas être ingrate. » Et vous qui avez ^i bon :œur, qui sait jusqu'où la reconnaissance peut vous mener! Test là-dessus que je compte, mademoiselle Suzette ; et en ittendunt ce moment-là, comme je me rappelle votre ellVoi, /otre crainte de tout à l'iieure, je veux avant tout vous rassu- ;er, et vous prouver qu'il n'y a point de sacrifice que je ne ^ksse pour vous.
, SL'ZKTTE
I Que vouk'z-vo\is dire?
ItKUTKAND.
(juo M. le comte nous a fuit cadeau de ce pavillon, qu'il ivait fait arranger comme poui' lui-même, ce qui fait un assez jOli bivouac; quand je dis un bivouac, c'est-à-dire qu'il y a là
deux appartements , qui sont les nôtres et qui! communique! ensemble; en voici la clé; je vous la donne, mam'selle Si zette; et, sans jamais vous en rien dire, j'attendrai que voi m'aimiez assez pour me la rendre.
Air : Amis, voici la riante semaine.
Nous aUendons ce soir tout le village,
Et je \ais tout disposer pour le bal;
Car vous daus'rcz : ce doit êtr' de votre âge.
SUZETTE
Eh quoi! sans vous?
BERTRAND
Sans moi, ça m'est éfçal.
Seul'ment, ce soir, sans rien dire, en silence, Derrière vous je compte me jdacer :
J' suivrai vos pas, et j'aurai, si j' ne danse. J'aurais du moins 1' plaisir d' vous voir danser, (il sort.)