GUIDO, MINETTE
GUIDO, à part.
Allons, nous voilà déjà en querelle; joli début! (il s'a»sied
luprès de la table.)
MINETTE, d'uu air de triomphe.
Elle s'éloigne, tant mieux; jusqu'à son retour, nous serons ;ranquilles, au moins! (a Ouido.) Eh! tu parais fâché?
GUICO.
Venez ici , Minette ; venez ici, Mam'selle. (Minette s'approche. Ju' est-ce que vous avez fait là? Pourquoi avez-vous touché à tes serins des Canaries? elle aime ses serins , cette femme.
V MINETTE
Aussi, elle est trop dificile à vivre; (o'un ton caressant.) et je uis bien sûre que vous ne voudrez pas me refuser la première
Tâce que je vous demande. (Elle lui prend la maiu.j GUIDO, à part.
C'est ça, patte de veloiurs.
MINETTE
( iiido, mon ami! mon bon ami, dites-lui de s'en aller. S'en aller! cotte bonne Marianne, qui vous a élevée!
340 LA CHATTE MËTAMOUrHOSÉE EN FEMME.
iMlNETTI..
Je l'aimerai toujours, mais loin d'ici. (Elle passe plusieurs fois
la main par-dessus son oreille.)
GUIDO, à part.
Allons, nous allons avoir de l'orage. (D'un air piqué.) Minette, vous n'avez pas réfléchi à ce que vous demandez.
MINETTE, câlinant avec sa main.
Mon ami!
GUIDO, avec dignité.
Minette, vous me faites de la peine.
MINETTE
Vous me refusez; allez, je ne vous aime plus. (Elle lui donm
un coup de griffe sur la main.
GUIDO
Dieu! que c'est traître! (a pan.) Ah çà, elle a conservé de singulières manières! il faudra là-dessus que je lui fasse la morale, ou du moins que je lui fasse les ongles. (Haut.) Ma chère, vous m'avez fait mal.
MINETTE, s'éloignant.
Laissez-moi, Monsieur, ne me parlez plus , puisque vous reconnaissez si mal la tendresse que l'on a pour vous.
GUIDO, secouant la tète.
Ah ! votre tendresse !
MINETTE
Comment, Monsieur, vous en doutez? c'est affreux!
Air de Céline.
Oui, lorsque je pense aux caresses
Qu'autrefois je vous proditruais,
Ah! j'en rougis; car mes tendresses Avaieut déjà précédé vos bienfaits.
C'était d'instinct, du moins je le suppose ; Mais cet instinct, comme moi, dans ce jour,
A subi sa nn''tanuir|)liose.
Et maintenant c'est de l'amour.
OUIDO, à part.
Dieu! si je me croyais... après un pareil n\cu ! ^so rcprcnan (niidcmcni.) Permette/,, Minette, je veux croire que v»ni; m'aimez; j'ai besoin de le croire, mais ce n'est pas tout. Je pouvais passer à ma chatte bien des choses que je ne passerai;