‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 37 sur 307 · SCÈNE XIX. M · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX. M

DUCOUDRAI.

C'est juste. Mais sous prétexte que M. de Luceval n'est plus ton prétendu, est-ce que par hasard... là... au fond du cœur, tu

ne Taimerais pas un peu. (pendant ce temps , Alphonse est rentré et reste au fond ; M. Dumesuil , qui achève d'écrire ses cartes et qui a entendu les derniers mots, se lève de table et dit à part :) M. DL'MESNIL.

Hein! qu'est-ce que cela signifie?

CAMILLE

Je n'en sais rien , mon parrain ; quand ça viendra je vous le dirai. Pourquoi me demandez-vous cela?

DUCOUDRAI.

C'est que lui, de son côté , il t'aime, il t'adore à en perdre la tête.

M. DUMESML, à part.

Tant pis, morbleu! car voilà ce que je n'entends pas.

CAMILLE, à Ducoudrai.

Quoi! vraiment?

DUCOUDRAI.

Cela t'étonne?

CAMILLE, avec joie.

Oui.

DUCOUDRAI.

Et cela te fait peine?

CAMILLE

Non, au conti'aire.

ALPHONSE , courant à Ducoudrai.

Dieu ! que viens-je d'entendre !

I CAMILLE

• Comment! Monsieur, vous étiez là! Ah! que vous m'avez fait pem* !

ALPHONSE

Rassurez-vous, je quitte votre mère, qui me pardonne, qui me rend son amité et le titre de gendre.

M. DUMESNIL, froidement.

Ma femme a eu tort, car elle doit savoir que maintenant cette alliance n'est plus possible.

Ociel!

ALPHONSE

Je conçois, j'ai prévu les objections que vous alliez me faire

un autre a votre parole, et, en cas de rupture, son resseni ment peut vous enlever votre place; mais en épousant vot iille, ma fortune devient la vôtre, et j'acquiers le dioit do partager avec vous.

CAMILLE

Ah! maintenant, mon parrain, je l'aime tout à fait. (ai joie, à M. DumesniL) Eh bien ! mon père?

M. DUMESML.

J'en suis désolé, mon enfant; mais je ne puis accepter. Air : Connaissez mieux le grand Eugène.

Pour tenir toujours ma promesse

Je suis connu depuis longtemps;

Et je préfère à la richesse

L'estime des honnêtes gens.

Oui, peu m'importe une disgrâce

Lorsque mes serments sont tenus :

On peut toujours retrouver une place, L'honneur perdu ne se retrouve plus.

ALPHONSE

Quoi! Monsieur, l'engagement que vous avez pris avec M. i Géronville?..

M. DUMESNIL

Est sacré pom*moi, et rien no peut le rompre, par la mên raison que pour vous, ce matin, j'aurais refusé les plus beau pailis de France.

CAMILLE

Ah! mon Dieu! que je suis malheureuse!

ALPHONSE

0 ciel! elle pleure... vous le voyez, et vous ne vous laiss( pas fléchir; mon ami, monsieur Ducoudrai, je vous en suj plie , parlez pour moi.

CAMILLE

Eh ! oui , mon parrain, vous restez là sans rien dire , et ci pendant ça vous regarde aussi, car je suis votre lilleule.

DUCOUDRAI.

C'est vrai, morbleu! et je me fâcherai aussi à mon tour.

M. DUMESML.

Ça ne servira à rien, car je n'ai pas l'habitude de transigt avec mes devoirs, et je sais ce qui me reste à faire. Camille allez trouver votre mère. (Camille et Ducoudrai se retirent vers le fon

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