‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 39 sur 307 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

R ALPHONSE, DUCOUDRAI.

ALPHONSE, se promenant avec agitation.

e ne puis en revenir encore ; a-t-on jamais vu une pareille

tyrannie ? C'est un cœur inflexible, c'est un père dénaturé, c'est... (se reprenant.) c'cst un honnôtc liomme au fond, je ne puis dire le contraire; et moi qui, ce matin, le regardais comme un bonlionune, comme un homme faible et sans caractère.

DUC.OUDRAI.

Ah! bien oui; dès qu'il s'agit de l'honneur, c'est un obstiné : je vous en avais prévenu; et il tient surtout à sa parole avec un entêtement qui n'est plus d'usage.

ALPHONSE

Ah ! il y met de l'obstination ; hé bien! et moi aussi, et nous verrons.

DUCOUDRAI.

Que voulez-vous faire?

ALPHONSE, avec désordre.

Je n'en sais rien; mais je no peux pas vivre sans Camille : ça m'est impossible; et décidément je vais trouver M. de Géronville et me couper la gorge avec lui.

DUCOUDRAI.

Jeune homme, y pensez-vous?

Oui, morbleu! c'est le seul moyen raisonnable; et je vais lui écrire : c'est vous qui serez mon témoin, (u s'assied à la table.)

DUCOUDRAI.

11 ne manquait phis que cela, nous voilà bien; et vous croyez que je souffrirai... Holà quelqu'un! (Baptiste paraît.) C'est Baptiste; d'oîi lui vient cette mine eilrayée?

Page 1