‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 49 sur 307 · M. DUVERSIN, CHARLES, CLAIRE, JULES, MADEMOISELLE TURPIN · texte numérisé non relu

M. DUVERSIN, CHARLES, CLAIRE, JULES, MADEMOISELLE TURPIN

MADEMOISELLE TURPIN

Monsieur, voici vos enfants.

M. DUVERSIN.

Ah! ahl les rebelles! approchez, approchez, ne craignez rien. Charles, tu n'as pas coutume de m'aborder ainsi; estce que tu n'as pas de plaisir à me revoir?

CHARLES

Moi! bien au contraire.

M. DUVERSIN.

Eh bien ! Claire, tu ne viens pas m'embrasser ?

• CLAIRE

Mon papa.

M. DUVERSIN, à Jules, qui se cache derrière sa sœur.

Jules se cache, je le croyais encore au collège.

JULES

Non, mon papa, je n'y suis plus.

M. DUVERSIN.

Tant mieux, pom* aujourd'hui. J'aurais bien quelques reproches à vous faire, ingrats ! en n'assistant pas à mon mariage, vous m'avez désobéi, vous m'avez outragé, (ils font un mouvement.) Mais ne craignez rien, vous dis-jej votre belle-mèi'e a demandé grâce pour vous.

MADEMOISELLE TURPIN, à part.

Une belle-mère qui demande grâce !

M. DUVERSIN.

Ce n'est pas tout, Chai-les, tu as un cheval à la campagne; tu aurais dil venir le chercher, mais on te l'amènera.

?CfiNT; IV. 57

CHARLES

Comment! mon père, vous avez eu la bonté...

Non, non, ce n'est pas moi ; c'est un présent de ta bellemère.

CHARLES, à part.

Oh! en ce cas...

M. DUVERSIIS.

Jules, (il lui donne une montre.) I JULES.

Une montre à répétition?

M. DUVERSIN.

Ta belle-mère espérait te la remettre elle-même; tu n'es pas venu, je m'en suis chargé.

JULES

Ma belle-mère! oh! c'est égal, je la prends, mon papa.

M. DL'VERSIN, à Claire.

Quant à toi, ma chère, depuis longtemps tu avais prié madame Germeuil, ta tante, de le procurer une demoiselle de compagnie pour t'aider dans tes éludes. Eh bien ! j'y ai consenti; elle t'envoie aujourd'hui mademoiselle de Lussan, une jeune orpheline élevée par elle.

CLAIRE

Ah! cette bonne tante! elle a bien senti le besoin que j'avais d'une amie, surtout dans ce moment-ci; et mademoiselle de Lussan sera reçue par nous à bras ouverts, (a mademoiselle Turpin.) Car cclle-là, du moins, ne vient pas...

M. DUVERSIN.

De votre belle-mère ; il paraît que ce nom-là suffit poui* tout gâter.

MADEMOISELLE TURPIN

Monsieur, je vous l'avais prédit.

M. DUVERSIN.

Vous êtes folle, vous; de grâce, plus de mutinerie! Préparez-vous à recevoir ma femme comme vous le devez; c'est à vous à faire les honneurs de la fête que je donne ce soir; je vous en prie; au besoin, je vous l'ordonne; et vous, mademo Turpin, de la prudence, (il sort.)

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