M. DUVERSIN, CHARLES, CLAIRE, JULES, MADEMOISELLE TURPIN
MADEMOISELLE TURPIN
Monsieur, voici vos enfants.
M. DUVERSIN.
Ah! ahl les rebelles! approchez, approchez, ne craignez rien. Charles, tu n'as pas coutume de m'aborder ainsi; estce que tu n'as pas de plaisir à me revoir?
CHARLES
Moi! bien au contraire.
M. DUVERSIN.
Eh bien ! Claire, tu ne viens pas m'embrasser ?
• CLAIRE
Mon papa.
M. DUVERSIN, à Jules, qui se cache derrière sa sœur.
Jules se cache, je le croyais encore au collège.
JULES
Non, mon papa, je n'y suis plus.
M. DUVERSIN.
Tant mieux, pom* aujourd'hui. J'aurais bien quelques reproches à vous faire, ingrats ! en n'assistant pas à mon mariage, vous m'avez désobéi, vous m'avez outragé, (ils font un mouvement.) Mais ne craignez rien, vous dis-jej votre belle-mèi'e a demandé grâce pour vous.
MADEMOISELLE TURPIN, à part.
Une belle-mère qui demande grâce !
M. DUVERSIN.
Ce n'est pas tout, Chai-les, tu as un cheval à la campagne; tu aurais dil venir le chercher, mais on te l'amènera.
?CfiNT; IV. 57
CHARLES
Comment! mon père, vous avez eu la bonté...
Non, non, ce n'est pas moi ; c'est un présent de ta bellemère.
CHARLES, à part.
Oh! en ce cas...
M. DUVERSIIS.
Jules, (il lui donne une montre.) I JULES.
Une montre à répétition?
M. DUVERSIN.
Ta belle-mère espérait te la remettre elle-même; tu n'es pas venu, je m'en suis chargé.
JULES
Ma belle-mère! oh! c'est égal, je la prends, mon papa.
M. DL'VERSIN, à Claire.
Quant à toi, ma chère, depuis longtemps tu avais prié madame Germeuil, ta tante, de le procurer une demoiselle de compagnie pour t'aider dans tes éludes. Eh bien ! j'y ai consenti; elle t'envoie aujourd'hui mademoiselle de Lussan, une jeune orpheline élevée par elle.
CLAIRE
Ah! cette bonne tante! elle a bien senti le besoin que j'avais d'une amie, surtout dans ce moment-ci; et mademoiselle de Lussan sera reçue par nous à bras ouverts, (a mademoiselle Turpin.) Car cclle-là, du moins, ne vient pas...
M. DUVERSIN.
De votre belle-mère ; il paraît que ce nom-là suffit poui* tout gâter.
MADEMOISELLE TURPIN
Monsieur, je vous l'avais prédit.
M. DUVERSIN.
Vous êtes folle, vous; de grâce, plus de mutinerie! Préparez-vous à recevoir ma femme comme vous le devez; c'est à vous à faire les honneurs de la fête que je donne ce soir; je vous en prie; au besoin, je vous l'ordonne; et vous, mademo Turpin, de la prudence, (il sort.)