‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 48 sur 307 · SCÈNE JH · texte numérisé non relu

SCÈNE JH

iK'ur, j'avais éloigné de moi ma famillo : j'avais envoyé ma lillc en province, et mon fils aîné chez un de mes correspondants; encore quelques jours , et j'allais exécuter mon falai dessein^ quand je vois arriver ici, à Paris, ma jeune pupille qui venait d'atteindre sa majorité, et qui avait apixis ma position. «Cette fortune que je vous dois, me dit-elle, je viens vous l'offrir pour conserver la vôtre. »

LE COLONEL

11 se pourrait!

M. DUVERSIN.

Je vous vois , comme moi , ému de tant de générosité ; et quant à ma réponse, vous la devinez sans peine. « Eh bien! continua-t-elle, si mon tuteur, si mon ami me refuse, mon époux doit accepter. » Jugez de ma surprise; elle m'avoua qu'elle m'aimait; que depuis son enfance, mes soins, ma tendresse, avaient touché son cœur ; et qu'étiangère eu Fi ance, elle serait heureuse de trouver en moi un guide, un ami. Que vous dirai-je! j'étais trop heureux moi-même de croire à son amour, je me laissai persuader, je l'épousai, et le bonheur est entré avec elle dans ma maison. Voilà, colonel, toute l'histoire de mon mariage; voilà celte femme que mes enfants refusent de voir et contre laquelle vous-même peutêtre aviez tout à l'heure des préventions.

m LE COLONEL.

Eh bien ! je n'en ai plus, sa conduite est admirable ; et maintenant je suis pour vous, et surtout pour elle. J'espère bien que vous me présenterez à Madame.

M. DIVEBSIN.

Comment donc! mais dès aujourd'hui, si \uus le voulez; car cette fête est pour célébrer son arrivée ; je ne vous savais pas à Paris; d'ailleurs je vous vois rarement; titi z, faitesmoi le plaisu' d'accepter mon invitation, restez.

LE COLONEL

Monsieur...

M. DUVERâlN.

J'aurai du plaisir à vous présenter à ma famille, et nous vous distrairons de vos chagrins.

LE COLONEL

Ah! vous avez raison; quand on a des peines... et j'aime la danse à la folie! J'accepte volontiers; mais perriiettez un quart d'heure à ma toilette , et je suis à vous. Ah ! mon cher

monsieur Duversin, quand pourrai-je vous retenir au bal de ma noce !

M. DUVF.BSIN.

Avec la brune?

LE COLONEL

Oui, oui, avecla blonde, (il sort.)

M. DUVF.RSIN.

Je compte sur vous. C'est bien l'iiomme le plus aimable et le plus fou 1

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