I.K COLONEL
Votre mari, Élisa? (a paii.) Mais c'est qu'elle est encore ieiix depuis son mariaf,'c.
KLISA.
Mon Dieu! colonel, vous paraissez troublé.
LE COLONEL
Air : Le choix que fait tout le villar/e.
Sans floute an plaisir que j'i'prouvc
Se môle un mouvement d'effroi...
Ce bien ch;irmant (|ue je retrouve
Serait-il donc perdu pour moi?
Ah! je le sens au feu qui me dévore.
Ce triste hymen, source de mes regrets,
A mon amour ajoute encore
Comme il ajoute ;i vos attraits.
KLISA, souriant.
Ah! vous pensez encore à cela?
LE COLONEL
Je conçois que ma constance vous étonne , vous qui m'avez iblié, vous qu'un autre hymen...
ÉLlSA .
Ah! Brisons là, de grâce; des circonstances que vousignoz...
LE COLONEL
Je sais tout , Madame, la reconnaissance a fait plus que UTiour. Vous avez trahi un malheureux poiu- en sauver un itre ; mais avoz-vous pensé que je puisse oublier tant d'ataits, de si douces espérances? Car vous m'aimiez; oui, adame, vous m'aimiez : mon hommage n'était pas rejeté, ù siu'pris dans vos regards un aveu...
ÉLISA
Que vous avez cru y voir.
LE COLONEL
Non, Madame, que j'ai vu; j'ai assez d'habitude pour m'y mnaître, et vous étiez émue.
ÉLlSA.
Ah! j'en conviens. Je voyais avec peine une passion qui ors était une folie, et qui maintenant mériterait un autre Dm.
LE COLONEL
Il faut se résigner, Madame, il faut vous fuir, et au i ment où je croyais me rapprocher de vous; car depuis di mois je sollicite du ministre, mon parent, pour que mon giment soit envoyé à Strasbourg, et je partais demain d l'espérance de vous revoir.
ÉLISA
Demain à Strasbourg! Est-ce que par hasard vous sei nommé au 5® de chasseurs ?
LE COLONEL
Oui, Madame.
ÉLlSA , à part.
Le régiment de Charles! c'est son colonel.
LE COMTE
Adieu donc, puisque vous me bannissez, puisque je ne( plus vous revoir. Ah! je suis bien malheureux! (u s'^iois^ne.)
ÉLISA
Colonel !
LE COLONEL, revenant précipitammeat.
Madame, vous m'avez rappelé;
ÉLISA
Oui, je pense qu'aujomd'hui, du moins, vous pouvez i ter avec nous.
LE COLONEL
Je resterais si je le pouvais sans vous aimer.
ÉLISA
Alors je n'ose plus vous retenir, et j'en suis fîichée, j'avais un service à vous demander.
LE COLONEL
A moi! Expliquez-vous, je cours,, je vole, que faut-il fai
ÉLlSA.
Un soldat, nommé Charles, s'est récemment engagé d votre régiment; je voudrais avoir son congé, et déplus, j' rais bien là une pélilion que je voudrais \uésenter au mil tre des finances; mais deux faveurs à la fois, c'est trop , s doute? ^
Non, Madame, donnez, je m'en charge, je cours chez n oncle, el je compte sur sa tendresse encore plus que sur n crédit.
ÉLISA
En vérité ! vous pouvez m'oblenir \me réponse favorable