‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 96 sur 307 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ESTELLE

Barthélémy, votre novou! comment cela se fait-il, vous qui iez le frère de ma mère.

BONNICHON

Sans contredit! Mais je vais t'expliquer... j'avais plusieurs mrs: l'une, qui a épousé M. Deschamps, était ta bonne ère; la seconde, que tu n'as jamais connue, a épousé Barthélémy, un simple employé de roulage. La famille 3rs était pauvre! moi-même, je n'étais connu que sous le im do Thomas Bonnichonqui était notre raison de commerce. ! Barthélémy a donc eu, dans notre famille, une femme...

BARTHÉLÉMY

Oui, une femme qui m'a eu, ot qui, par conséquent , était 1 mère. Ainsi, mademoiselle Estelle, les neveivx et les nièces nos oncles sont nos cousins et cousines; donc, en tirant la nséquence, nous sommes cousins.

ESTELLE, froidement.

Oui, je le vois bien, (a part.) Quoi! c'est là ma famille!

BONMCHON.

Mais n'importe, ma chère nièce, quoi qu'il arrive, quelle le soit notre famille, cela ne change rien à mes projets. Kn qualité d'artiste, tu ne dois pas être en fonds. Tiens voilà, ur commencer, dix mille francs que je te donne.

BARTHÉLÉMY, tendant la main.

Ah! le bon oncle!.. Eh bien! etdel'aulrecôté! et l'équilibre!.. Air : En amour comme en amitié.

Mon bon p'tit oncl' je vous attends!

Plus que moi vous aimez vot' nièce; Quand je me plains de vos sentiments.

Je tiens à la justic' bien plus qu'à la richesse. Traitez-nous donc également; C'est c' que veut la délicatesse; Et si je suis exclu de vot' tendresse. Donnez-moi ma part en argent.

BONMCHON.

Laisse-moi donc tranquille; est-ce que je ne suis pas le lUre? (a Estelle.) Ils sont à toi, à toi seule.

ESTELLE

Je puis donc en disposer... (Elle prend le portefeuille.) Tenez, irthélemy, partageons.

UERSAN ET BONNICHON , à part.

Oh! mon Dieu!

106 l'oncle d' AMÉRIQUE.

BARTHÉLÉMY

Bien, Mademoiselle. Vous êtes digne d'être ma cousine; j reconnais mon sang.

BONMCHON, bas, à Dersan.

Vous le voyez , Monsieur; ce n'est pas ma faute.

DERSAN, bas.

11 paraît que je vais enrichir toute la famille.

BONNICHON , regardant la pendule , et à part.

Ah! mon Dieu ! deux heures moins un quart ! il ne faut pa que la nature me fasse négliger les alVaircs; et je dois porte à nos administrateurs une pétition, qui n'est pas encor faite ! (Haut.) Je crois , ma chère nièce , que je puis ici , san façon , écrire.

ESTELLE , montrant la chambre à droite.

Tenez, mon oncle, vous trouverez là ce qu'il faut...

BONNICHON

Adieu, mon enfant, adieu, ma nièce; je reviens dans l'in

Stant. (U entre dans la chambre à droite.)

Page 1