ACTE I, SCÈNE V
admirable^ je ne l'aurais peut-être pas fait paraître... Risquer un ouvrage quand on se présente à FAcadémie ! c'est téméraire ! Les grands seigneurs, tels que vous, n'en font pas ! c'est plus prudent ! Ils se gardent bien de donner des armes à la critique... Ils ne lui offrent rien... qu'eux-mêmes! Je suis monsieur le duc, monsieur le marquis, monsieur le prince un tel ! ce qui est vrai!... Que répondre à cela? rien! La critique ne sail où se prendre !... Tandis que vous, même avec un chef-d'œuvre... car c'est un chef-d'œuvre!
Je le sais bien f et tes observations ne manquent pas de justesse... Mais rassure-toi... dans le salon de la belle Corinne, où se font toutes les élections académiques... la majorité m'est acquise... d'emblée, grâce à elle !
BOUVARD
Je le crois bien !... et dans le dernier numéro de la Revue où elle écrit... il y a un article en notre faveur, où j'ai reconnu sa main,.. Un article où comme historien elle vous met 'bien au dessus de David Hume... et de Roberlson... Je veux vous le montrer !
LE COMTE
Eh! mon Dieu! je l'ai lu... je le connais comme si je... (AT«e
impaUenee.) MaîS CCS éprCUVeS...
BOUVARD, criant i U cantonade.
Les épreuves de M. le comte.. > Je vois ce que c'est!... les garçons imprimeurs se sont amusés à les .lire...
LE COMTE
Flatteur!
BOUVARD, àdemi-Toix.
Monsieur le comte n'a pas oublié ses promesses ?
LE COMTE
Des promesses de chemin de fer !... Tu en auras. J'en ai parlé à Maxence de La Roche-Bernard qui est, ainsi que moi, à la lèle de la nouvelle ligne...
BOUVARD
J'accepte... mais ce n'est pas cela.
Ah! une invitation pour mon bal... tu la recevras ! nous hâtons la chose... 11 faut que je sois marié avant mon ambassade. Je suis riche, j'en conviens... mais richesse oblige..
44 < U FUFF,
Oblige à quoi?
IM GOMTB*
A Taugmenter l Et ne fût-ce que pour net frais de représenfation^ comme ambassadeur, il me faut pour moi une riche hé» Hllère, et pour mon salon une jolie femme, et bientôt tu aasi»* teras à mon mariage^ je te le promets.
BOOYAaD.
C'est trop d'honneur, et j'accepte... Mais oeii*cst pas eela«««
LB COMTB*
Eh ! qu'est-ce donc encore ?
BOUVABD.
C'est moi qui tous ai fourni, pour Yotre histoire de l'Algérie, " ^ manuscrit du général de Saint-AYold... ce manuscrit si rare.,*
/ authentique...
/ U COMTB*
/ Dont je t'ai payé l'authenticité vingt mille francs!
ALBiOLT, à fuU
Qu'entends-je?
BOUVARD
Et qui vous aura valu gloire et réputation, sans compter deux académies... Que dis-je? trois, devant lesquelles vous vous serez présenté toujours le même ouvrage à la main !•••
y LE COMTE, MêO iinpt4i«Mt,
Gh bien?,..
BOUVABD.
Eh bien... est-ce trop exiger que de demander une petite participation à tant d'honneurs, ce que vous m'avez promis. •• vous savez bien... là... Cela fait si bien dans un comptoir, et puis xians votre intérêt à vous-même ; « Bouvard, éditeur des OSu- « vres de liiarignan, f)ient d'être décoré..» » Cela fait parler de l'ouvrage...