‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 106 sur 265 · ACTE ni^ BctM tu · texte numérisé non relu

ACTE ni^ BctM tu

tends réeî!«ment... je ne peux pas tfle le dissimuler!... La Duclos m'a pourtant fait dire que Sdll petit billet avait été remis au comte de Saxe lui-même datls utlé loge où il était seul... (RéHécUtMiit.) Seul !... est-ce bien trai^ N'est-ce pas pour une autre qu'il manque à ce rendez-vous, oû Je suis venue, où me voici!... On peut pardonner une infidélité, cela souvent ne dépend pas de nous; une impolitesse... jatnais ! Je n'ai pas été en ma vie une seule fois impertinente Sans y avoir tàdié... et réussi... (s« iennt aT«e impatieiuMO Qn2e hcurcs !... Monslcur le comte, vous arriviez le premier Tannée dernière; voilà une heure dé retard oui me prouve que j'ai un an de plus! Malheur à elle, malheur à vous de me l'avoir rappelé! Je venais ici avec eftipresseroent, avec impatience, pour vous sauver, et vous me laisse^ le temps de réfléchir que je puis également VoUS perdre, que votre fortune politique est entre mes mains... e*est plus qu^grat^ c*est maladroit. <» (Se UfftftI «t narchâat ^«m 1« fend.) AllODS I

SCËNC 11.

LA PRINCESSE, BiAURICfe^ «ntnntpu le fond.

LA PRINCESSE, apercevant Maarice, qui vient d'entrer doacement derrière elli^

Ah !... (Lai tendant u main.) Yous faites bien d'arrlvcr!

MAURICE

Mille excuses^ princesse

LA PRINCESSE^ d'un air graeienx.

Pas de reproches ! d'autres ne songeraient qu'à leur dignité blessée, tnoi je ne songe (atmriaiit.) qu'au temps perdu sans vous voir. Il faut qu'à minuit je sois rentrée à l'hôtel.

VAURlCfi.

Imagintz^voUs qu'en quittant la Comédie fTahçaise, il me sembla être suivi. Je pris plusieurs détours, plusieurs rues qui m'éloignaient de ce quartier, et je pensais avoir dérouté mes espions, lorsqu'en me retournant j'aperçus, sur ce boulevard désert^ deux hommes enveloppés de manteaux qui me suivaient à distance. Que voulez-vous? leur demandâl-Je. Ils ne répondirent que par la fuite, et quoiqu'ils courussent bien, je n^eusse pas manqué de les poursuivre et de les assommer^ sans la crainte de vous .faire attendre, princesses

LA PRINCESSE, fonriant.

Je VOUS en remercie !... Cette aventure se lie peut-être à celle dont je voulais vous eatretenir* J'ai été aujourd'hui, comme je

164 ADRIENNE LEGOUYREUR.

TOUS Pavais promis^ à Versailles... Marie Leckzinska, notre nouvelle reine, et comme moi Polonaise, n'a rien à refuser à la petite-fille de Sobiesky ; elle a vu, à ma prière, le cardinal Fleury, elle lui a parié de rt^aire de Couriande.

MAURICE

bonne et généreuse princesse î Eh bien ?...

LÀ PRINCESSE

Eh bien, le cardinal aimerait mieux ne pas accorder les deux régiments qu'on lui demande; il voudrait être agréable à la jeune reine, et en même temps ne mécontenter ni l'Allemagne ni la Russie, que vous menacez, et avec qui nous sommes en paix.

VÀURICE, «Tee impalienee.

Son avis, alors?

LA PRINCESSE

n n'en a pas, il n'en émet pas... et pour agir en votre faveur, sans rien faire, il vous permet seulement de lever ces deux régiments... à vos frais!

Gela me rassure.

LA PRINCESSE

Et moi pas !... Avez-vous de Targent?

MAURICE

Non!

LA PRINCESSE

Gomment, alors, paierez-vous vos deux régiments?

MAURICE

Mes régiments français?

LA PRINCESSE

Oui.

MAURICE, gùement.

Je ne les paierai pas! si ce n'est après la victoire! Et jusquelà, soyez tranquille, je les connais!... ils se feront tuer pour moi... à crédit!

LA PRINCESSE

Très-bien ! Une autre chose encore... est-il vrai que vous ayez des dettes? que vous deviez soixante-dix mille livres au comte de Ralkreutz, un Suédois, qui, en vertu d'une lettre de change, peut vous faire appréhender au corps?

MAURICE

Pourquoi cette demande?

LA PRINCESSE

Parce qu'un grand danger vous menace; l'ambasseur russe a

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