‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 130 sur 265 · ACTE lY^ SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE lY^ SCÈNE IX

ADRIEMNE^ à pari.

G était ell6 !... (Pendant ie désordre prodoit par cet ineidenk, Alh^nalit la prin-

ceise, le prince el les aolres dames ont remonte le théâtre. Adrienne, qui était à l'extrême

droite, traveriie la scène avec agitation, at va ee placer à gauche, près de Ifichonnet.)

LA PRINCESSE^ aa milieu do théâtre et mettant à son bras son bracelet que son mari

Tient de lui rendre.

Eh bien! maintenant que M. le comte de Saxe est décidément des nôtres^ si Mademoiselle Lecouvreur étaif assez bonne pour nous dire quelques vers. . .

ADRIENNE^ hors d'elle.

Desyers!... moi!... en ce moment! {u» dames qai étaient assises i

gaaebe se lèvent, et se dirigent vers la droite du salon. A part.) Ah ! C eSt tfOp

d'impudence...

MICHONNET^ à gaache, près d'elle.

Calme-toi et étudie !... Tl y a dans le monde de plus grands

comédiens que nous! {Le» dames et les seigneurs se sont placés à droite» devant les deux rangée* de fauteuils qui garnissent ce côté du salon.)

MAURICE^ quia redescendu le, théâtre.

Quoi^ Mademoiselle... vous daigneriez...

ADRlENr^E^ froidement.

Oui^ Monsieur le comte

LA PRIMCESSE^ d'un air graeieux.

Quel bonheur!... asseyons-nous^ Mesdames... (a Uaunee.) Monsieur le comte^ auprès de moi...

ADRIEMNE^ à part.

Les voir là, sous mes yeux, tous les deux ensemble... comme pour me brader! Mon Dieu, donnez-moi la force de me contraindre...

LE PRINCE. '

Que nous direz-vous?

Le Songe de Pauline, Hermione.

LA MARQUISE

LA BARONNE

Ou Camille des Horaces,

LA PRINCESSE, avec ironie.

Ou plutôt le monologue d^Àriane abandonnée.

ADRIENNB, à part, se contenante peme .

Ah! c'en est trop.

ATHÉNAIS, qui est assise à la droite de la prinoesse» s'écries

Non, non ! Phèdre, que vous avez si bien jouée avant-hier. T. u. ià

206 AJ)RIENNE tBGOUVREUR.

ADRIENNE^ mènent.

Phèdre, soit*

# TOUS

Ecoutons. (Tont te monde est rangj à droite comme il est dit ploi liant. Miebmnet, assit iganche, a tiré plusieurs brochures de sa poche; il prend «elle de Phèdrt, et •^apprête à souffler. Adriénne «st ieule debout au nilien dn théâtre.) ADRIENNE y réeltonl atee une agitation «t «ne Éètre lottjoof i eroUtaiIttfft, les }Mt

fixés eur la princesse, qui se penche plusieurs fois sur Tépaale d» llaariee ^ lui puis

bas avec alleelation.

i.... Jnstecielt... qu'ai-Je ftttt atiJourd*buif Mon époux Yà paraître, et son fils avec lui.

Je verrai le témoin de ma flamme adultère Obserrer de quel front j*OBe aborder ion père ! Le oœur groi 4e «oupirs qu'il n*a point éwwié^,

(Regardant Hauriee.)

L'œil humide de pleurs par Tintât rebiités^ Penses-tu que sensible h l'honneur de Tbésée, n lui cache l'ardeur dont je suis embrasée?

Laissera-t-il trahir et son père et son roi?

Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi? (Regardant Maurice, qui vient de ramasser l'éTentail que U princesse avait laisié tomber, M ^i le lui reael d'un air galant.)

n se tairait en vain I je sais ses perfidies^ CEnone!... et ne suis point de ces femmes hardies,

(Hors d'elle-même, et s'avançanl vers U princesse.)

Qui, goûtant dans le crime une honteuse p^x.

Ont su se faire un front qui ne rougit jamais I..,

(Elle a continué à s'avancer vers la princesse, qu'elle désigne du doigt, et reste quelqne temps dans cette attitude, pendant que les dames et seigneurs, qui ont suivi tons êU Bouvements, se lèvent comme effrayés de Cetl» scène.)

LA PRUiCESSBi «vee caloia.

Bravo! bravo! admirable!

TOUS

Admirable!

MICHONNET, bai, à Adrieioa.

Malheureuse! qu'as-tu fait?

ADRIENHIi.

Je me suis vengée!

LA PRIHCGSSE, bon d*e}to^êM«

Un tel affront!... je le lui ferai payer cher!...

ADftlENHE^ «a piinee qui k félieite.

Déjà souffrante et fatiguée^ je vous demanderai la permission de me retirer...

AOTE T^ SCÈNE I. 907

LA PRINCESSE, bu, a lUariM, qai fait un pat vert

Restez !

LE PRINCE, à Àdrienne.

Quelqqe entie que nous ayons de tous retenir... (Remonuiit )•

théi re, et parlant à des domeitiqnet qoi «ont an fond.) La TOiturS de made«

moiselle LeCOUYrenr... (Pendant U lenp« où 1« prinee remonta le théfttre, la

prineei«e fait quelques pas à droite, et Maurice se r«pproeh« d'Adriwint i|at est ï drille.)

ADRI£t<Nfi) i f

Suivez-moi...

MAURICE, I

Impossible, ce soir! Vous saurez pourquoi... Mals«.«

H suint... (Eu ce moment, le priaM* qui a redescendu le tMttre, offre sa main à Adrienne. Elle remonte avec lui ten la porte du fond. Les horamest groupés à gauche de la porte, et les femmes, debout à droite, la saluent. Adrîenne jette sur Maurice un dernier regard de reproche et de douleur, et s'éloigne pendant que la princesse la regarde (ortir d'un «il menaçant. La toile tombe.)

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