‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 129 sur 265 · ACTE lY^ SCiNfi IX · texte numérisé non relu

ACTE lY^ SCiNfi IX

LA PRINCESSE, ragwdant da e&të d*Adri«i.i

Je crois que vous nous flattez d'un vain espoir^ il ne viendra pas. (A put.) Elle a tressailli... elle écoute...

LE PRINCE

Qui vous le fait croire ?... qui vous l'a dit, puisqu'il eot libre... libre par les mains de Tamour.

lA PRINCESSE, à pan, ob«erwit Adri«uM.

Elle tressaille encore! serait-ce elle qui Taurait délivré? (Haai.) Je n'ai pas voulu tout à l'heure troubler vos espérances, ni attrister ces dames, mais vous savez qu'il s'est battu.

AORIENNE, i part.

Battu !

LA PRINCESSE, à pari.

Elle se rapproche. (Haat) Et l'abbé, qui sait tout, m*a dit... que le comte était blessé dangereusement.

l'abbé, ëtonoé.

Moi

LA PRINCESSE, bai, à l'abbé.

Taisez-vous ! (Poostant an eri, et eoarant auprès d'Adrianna, qui Tianl de tomber

éfanonie dana un fauteuil.) Mademoiselle Lecouvrcur se trouve mal.

MICHONNET, se préeipitaot tan elle.

Âdrienne I

LA BARONNE ET LA MARQUISE, passant deiriire la fituteuil d'Adriénot»

Âh! mon Dieu.

ADRIENNE, revenant à elle.

Ce n'est rien... l'éclat des lumières... la chaleur du salon.

(A la prineease, qoi lui fait respirer le flacon.) Mcrci, Madame, que dC boiltés. (Rencontrant ses yeux.) Qucl regard !

UN DOMESTIQUE, annonçant.

Monsieur le comte de Saxe. (Tout le monde pousse un erl de sorpriie; les dames quittent le fauteuil d'Adrienne «t vont au derant du comte.) ADRIENNE, faisant un geste de joie.

Ah ! (Bile veut s'élancer vers lui, Miehonnet la retient par la main ; la princesse éi Adrienne restent un moment les yeux fixés l'une sur l'antre.) MICHONNET, à voix buse.

Prends garde!... la joie trahit encore plus que la douleur.

(Les seigneurs et les dames qui étaient allés au devant de Maurice redescendent avec lui*) LE PRINCE, à Maurice.

Que nous disait donc l'abbé, que vous étiez blessé?

l'abbé.

Permettez je réclame.

9tt APRIBNinS LBaOVYftBtJR.

KAUilIGE.

Bah! depuis Charles XII^ la Suède ne sait plus se battre. Ainsi^ ce comte de Kalkfeutz...

HAUAICE.

Désarmé à la seconde passe. {U pnnee, r^bW Athènes remoBlcnt 1« thââtn et Tont eauer ««M U$ aMMI d«ln«i tt Ml^eAri. Manrieè h tronve spr \$ devint Si Ift »eèM prè« Je k prineeeee, tt lui dit i deiiii-voit, md$ la regarder :) VoUS di-

•iei Trû> priftoasse^ en disant que tous me ramèneriez.

Là MnCESSE^ afee Joie.

Ociel!

MAURICE^ de mime.

Je Toulais partir sans tous toir^ mais après le service que TOUS Téne% de me rendra^ serviee que> du feste^ Je n'accepte pas... je...

ADRIENNE, à droite, «1 A ^kelqvei pài S*eix, les niiTant des yeux.

11 lui parle bas!... si c'était cette grande dame... si citait elle!...

liA ftlNCBSSB^ «MliMMAl à MdMr ttee itavriee.

Outt Tooies-Tous dire?

MÀUaiCB^ IMifeMs Im à k prlOMUe.

Il faut absolument que je vous parle.

LA PRINCESSE^ de même.

Ce soir^ quand tout le monde sera parti...

MAURICE^ de même.

Spitl (LtpriMMM rtMoate le Uiéâtra à guehe da speetata«r; Maoriee se retovne

f« «pesait à4»ik AdtkMê, u kiaiM prafettdtaMat.) Mademoiselle Lecou-

Treur ! (n bit quelques pas pour aller prAs d'élu i «a ee moment, k ))Hiiée qui avait remonté le théâtre, k redeseqf^ «^ fnmà M auiinv pw iennns le bras, au moment où il s'approehait d'Adrienne.) , LE PRINCE.

 propos de la Suède^ mon cher comte^ j'ai à vous demander...

(U s'éloigne arec lui en causant et en remontast Je théllre, ili di^araisseal toas deux piques moments dans d'antres salons. Pendant ee temps, I4 marquise «t la baronne se sont rapprochées dfAdrieane,, et pendant les mouTements de k scène précédente, Miehonnet, qui était à l'extrême droite, a remonté le théâtre, est ngk quelq^ temps an i^Nid, pw eil redMMnd» 4 VexUâmê ganeëe.)

l'abbé^ â k priteesse, I demi-voix.

Je VOUS demanderai maintenant^ princesse^ pourquoi tout à rheure tous m'accusiex ainsi de... ^

la PRlNGKSSEy fc voix haute

Pourquoi?... parce que vous n'êtes jamais au fait des choses.

kcrt ly, sGÎNis IX. S03

(Se ratoarniat «n riant vers lu àtvx damM qui sont à la ^oeka.) ImagîneZ-VOUS^

Mesdames... (t/abU q^lltala droite âé la prinaatia prèa de laquelle il eit place,

IfBlBta la (btttrt, «t leyoïe entre le* deu dames eomtne ponr te jniUfter prêt d'elles.)

LA PRINCESSE^ eontinnant laphraM.

Imaginez-Yoos que le pauvre abbé court yainement depuis hier à la découverte jd'un secret ! Une belle inconnue qu^adore le comte de Saxe... Mais 'ff longe... (Sa Mievraaat ▼«» >drienne.) Mademoiselle Lecouvreuf poumût paut-âtra nous éol&ireir sur ce

mystère...

Moi^ Madame!

LAHHHCnSE.

Sans doute ! on jasure dans le inond« qua l*obJ«l ilè Ml amôur est une personne de tbéAtre.

Laissez donc...

ADRIENIfB.

(Test étrange! on assurait au lliéâtre que cette maîtresse en titre était une grande dame...

l'abbé, r««wdMtAtliéMlla.

Je te croirais plutôt 1

Ma chronique parlait même d'une certaine reocoatre noo-

tQTOe...

AURIEinfB.

Et la mienne d'une visita dans une petite maison..;

atbénaIs.

Mais c'est très^ntéressant !

LA PRINCESSKt

On disait que la comédienne y avait été surprise par une maie jalouse,

On affirmait que la grande dame en avait été chassée par un mari indiscret.

ATHÉNAÏS

Que vou^ semblez bien instruites toutes deux!...

l'abbé.

Plus que moi, j'en conviens !

athénaÏs.

Mais pour nous mettre à même de prpnoncer, qui uo^s donnera des preuves? À

204 ABRIENNE LEGOUYREUB.

LA PRINCESSE

La mienne est un bouquet que la belle a laissé aux mains de son vainqueur... bouquet de roses^ attacbé par un ruban soie et or!

ADRIENNE^ à pnl

Mon bouquet!

ATHÉNAÏS, à Adrieaae.

Et yotre preuve^ à vous... Mademoiselle?

La mienne?... la mienne^ c'est que la grande dame a laissé tomber en s^enfuyant dans le jardin...

ATHÉNAÎS.

Gomme Gendrillon^ sa pantoufle de verre...

ADRIENNK.

Non^ mais un bracelet de diamants.

LAPRINCESSE^IpMt.

Mon bracelet.

l\bbé.

Un conte des MtUe et une Nuits!

Non^ vraiment^ une réalité!... car ce bracelet on me Ta apporté... on me Ta laissé... (Le montrant.) Le voici!...

L ABBÉ^ prenant le bracelet, et le montrant i la marqaiie et à la baronne, entre letqoelles il est placé.

Superbe ! voyez donc. Mesdames

LA PRINCESSE jette nn regard enr le bracelet, et dit froidement :

Admirable!... c'est travi^illé avec un art! (Eiie avance la main ponr

le prendre ; mais le prince, qai depuis quelques instants est rentré dans le salon a«ee Ma riee, s'est approché du groupe, se place entre la princesse et la luarqaise. La pnn* cesse s'éloigne et se rapproche d'Alhénals, qui venait aossi pour regarder le bracelet,)

LE PRINCE

Qu'est-ce donc? qu'admirez-vous ainsi

l'abbé'.

Ce bracelet!..^

LA PRINCESSE

Celui de ma femme!

TOUS9 avec on accent diiéreaU

Sa femme!

le PRINCE^ remontant le théâtre, et montrant à tovt le monde le braeelet, avec on tir de salisfaclion.

n est de bon goût, n'est-ce pas?...

Page 1