‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 136 sur 265 · ACTE y, SCÈNE IV. ÎI · texte numérisé non relu

ACTE y, SCÈNE IV. ÎI

voulait pas remonter Touvrage... Cest trop vieux, disait-on... mais, moi, j'y tenais... j'avais une idée... Maurice ne m'a pas encore dit ; Je vous aJtne ! ni moi non plus... je n'ose pas... et il y a là certains vers que je serais si heureuse de lui adresser, à lui, devant tout le monde, sans que personne s'en doute...

MAURICE

Mon amie, ma bien-àimée, reviens à toi.

▲DRIENNE.

Tais-tpi donc... il faut que j'entre en scène. Oh! quelle nombreuse, quelle brillante assemblée! Comme tous ces regards tournés vers moi suivent chacun de mes mouvements! ... Us sont bons de m'aimer ainsi... Ah! il est dans sa loge... c'est lui... il

me sourit... (Mnnnarant enlr« •« lèvru.) BonjOUr, MaUriCO... A tOJ,

Psyché, voici ta réplique.

Ne les détourDei pas, cê» yeux qui me déchirent. Ce» fem tendres, ce9 yeut perçants, mais amoureux. Qui semblcDt partager le trouble qu*il8 mHaspirent.

Hélas f plus ils sont dangereux.

Plus je me plais à m'attacher sur eux !

Par quel ordre du ciel, que je ne puis comprendre,

Vous dis-je plus que je ne dois?

Moi, 4e qui la pudeur devrait du moins attendre Que Tamour m^expliquàt le trouble ou je tous vois. Vous soupirez, seigneur, ainsi que je soupire; Vos senS; comme les miens, paraissent interdits. C'est à moi de m'en taire, k vous de me le dire . Et cependant c'est moi qui vous le disl

MAURICE, lui prenaut U main.

Adrienne! Adrienne!... elle ne me voit plus... ne m'entend plus... Mon Dieu, Teffroi me glace... que faire?... (n agit^ la son-

nette qui eet sur la table ; partit la femné de chambre.) Votre msUreSSe CSt eU

danger... courez!... des secours!... Moi, je ne la quitte plus... (La femme de chambre sort.) Ma présenco ct mes 801113 lui rendront peut-être lé calme.. « (pmm&i la main driiMeM**) ÉcQute*moi| de grâce!...

ADRIEMNE, avec égtrement.

Regarde... regarde donc!... Qui entre dans sa loge? qui s'assied près de lui f... Je la reconnais, quoiqu'elle cache son visage!... c'est elle!... il lui parle!... (Avec désespoir.) Maurice!... il ne me regarde plus!.», Maurice !...

MAURICE

Il est près de toi...

S16 ABRIENNB LEGOIITIIEUR.

ADRIENNE; sans Técouter.

Ah ! voilà leurs yeux qui se rencontrent^ leurs mains qni se pressent!... voilà qu'elle lui dit : Restez!... Et moi^ il m'oubliel... il me repousse... il ne voit pas que Je me meurs!

MAURICE

Adrienne!... par pitié!

ADRIENNE^ «vee fiinor*

De la pitié!

MAURICE

Ma voix n'a-t-elle donc plus de pouvoir sur ton coeur?

Que me voulez-vous?

MAURICE

Que tu m'écoutes un seul instant ! que tu me regardes^ moi... Maurice!

ADRIENNE^ I« regardant aveo égarement.

Maurice!... non... il est près d'elle... il m'oublie!... Va-t'en.

Va-t en ! (Pcarsaivant Maurice, qoi recale d'effroi •)

Va lui jurer la foi que tu m'avais jurée.

Les dieux, les justes dieux .. n'aurout pas oublié

Que les mêmes serments avec moi t*ont lié...

Porte... porte aux autels... un cœur qui m'al)aDdonQe..»

Va, cours, mais crains eocor...

(Poussant un cri et reconnaissant Maurice.) Ah! Maurlcc!... (SUe sa jette dus Ê9i bras.)

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