ACTE T^ SCENE I
de nnérite; mais depuis^ et grâce aux circonstances^ elle en a acquis beaucoup.
CHARLES-QUINT
Je la irerrai, ce (oatin^ à la messe, et demain soir chez elle, où je désire qu'il y ait réception; tu le lui feras savoir. Après^ de quoi as-tu à me parler?
GUATTINARA^ oavniit son portefeaille.
D*uDe demande d'audience adressée à Votre Majesté.
GHARLES-QUINT.
Par qui?
GUATTINABA.
Par un Français^ le comte Henri d*Albret, qui a été blessé à Parie.
GHARLES^UIHT.
Que vient-il faire à Madrid ?
Il demande à [Nirtager la captivité du roi François 1^^ son maître.
CHARLES'QUINT^ froidoMal.
Ce doit être un jeune homme?...
GUATTINARA.
Un tout jeune homme.
CHARLES-QUINT
(Test juste!... c'est d'un noble cœur! Il serait difficile, en le voyant, de refuser... (Lantement.) Cest pour cela...
GUATTINARA.
Que Votre Majesté lui accorde cette audience?
CHARLES-QUlNT, après «voir réfléchi.
Tu t'arrangeras, Guattinara, pour l'ajourner indéfiniment! Après, de quoi s'agit-il?
GUATTINARA.
De l'objet le plus important et le phjs grave. Quelle conduite aurai-je à tenir avec le roi François !•% votre captif?... Depuis trois mois il est prisonnier à Madrid sans avoir pu, malgré toutes ses instances, obtenir une entrevue de son frère, l'empereur Gharles-Quiût. Quelles sont les intentions de Votre Majesté?...
CHARLES-QUINT, d'an air distrait.
Mes intentions?...
GUATTINARA.
Votre Majesté consent-elle à le voir, à lui parler?. ••
- Sâ2 LES CONTES DE LÀ HEINE DE NAVARRE,
CaARLSS-QUmT.
Non!
COATTIHAlA.
Vos idées sont alors de lui donner la libertéT
CHABLES-KHiniT*-
Non!
CUàTEUHÂMiU
Alors, . sire, que ^olilei^^oiM faire Tu ne deyjnes pas?
GUATnNAKA, «Aidement.
Pi^esque !,.. ie crois, s'il m*es» pefiufe de te ^îre, que Votre Majesté travaille en ce moment à ne rien faire et compte sur moi, pour l'y aider, afin d'ameftèîf ^f Fim patience et Tennui de la captivité à des concessio s... qo'oft n'eût jamtô faites.
CHARLES-QUINT, rfegardunt ÛDattioara avec bonté.
Voilà longtemps que tu es debout, GHàttinarat... Àssîedstoi!...
GtlATTINARA, s'en défenduit*
Devant Fempereur?...
CHARLES-QUlNT, de iqAiD«*
L'empereur le yeut. (awc bonu,) C'est toi, qui d'abord avais été préposé par moi, pendant que j'étais à Tolède, à la garde du roi François I*' noire frère... Comment cela s'est-il passé? je Yeux tout savoir! Et d'abord, son entrée à Madrid...
GUATTINARA*
A été magnifique... on eût dit non pas un captif, mais un vainqueur, un monarque rentrant dans sa capitale. Les Espagnols aiment la valeur, sire, et ce roi qui, entouré d'une vingtaine de braves, avait combattu jusqu'au dernier moment contre une armée entière, ce roi chevalier, qui ayant déjà reçu trois blessures, refusait de se rendre au connétable de Bourbon, à un traître, et choisissait un loyal officier, un Espc^ol, pour lui remettre son épée, que celui-ci recevait un genou en terre... tout cela avait exalté les tètes ; les maisons étaient pavoisées aux armes de France ; des feuillages ou des fleurs jonchaient les rues, et tous les balcons étaient garnis de jolies femmes qui, agitant leurs mouchoirs, criaient : Vive le roi de France!...
CHARLES-QUINT, i*eft>rçaiit de soanre.
Et le roi d'Espagne?...