W» LES CONTES >1 UL HEUIE BB NAVARRE
ÉLACH40flE.
Et pourtant si modeste ! sî respectueux f A peine osaft-il lever sur moi ses regards !
MARGUERITE
Ne vous y fiez pas!... Il n'y a rien de terrible comme les gens qui y voient... les yeux baissés t et M. d'Albret a fort bieu remarqué que Votre Altesse venait de pleurer.
ÉLÉOC^ORE. troubU*^
Moi!
S'il s'agissait d'un bonheur!... je serais discrète; mais d^une peine !... pourquoi ne pas aie. pexisai^tU:^ de la partager? pourquoi, depuis mon arrivée à Madrid, la seule personne que j'aimerais... à aimer* sei»hlç-t-ellQ m'évii»«i wit cwisiàmt*** te Tai Yu!
ÉLÉONORE
C'est vrai, pripcesse, |e ne sais pa§ mej»f ir l Qv^ voys dit ai ^\r ritoelle... et a un mérite st supérieur... que cela effraie !
MARGUERITE
De loin!,., comme ces châteaux redoutés à la roud^^ où l'on prétend qu'il revient des esprits! On approche !.^. et que trouvet-on?... rien! Il en est ainsi de mol, o'ç§t-ççpas?
ÉLÉQTiORE.
h! non. Ce que vous dites là le prouve. Et puis..,- io suis Espagnole et dévote ! Mon confesseur me répétait que vous étiez mauvaise catholique.
■ARGUERITE.
Il ne s'y connaît pas!
ÉLÉONORE
Qu'en France, et près du roi^ votre frère, vous défendiez toujours les protestants.
lMJtGU$RlT«<»
Quand on les opprimait. Je suis toujours du parti de ceux... qui pleurent, (aw chaleur et amitié.) Voyons! confiez-moi vos chagrins, je voiM dirai les miens, car f en ai beaucoup !
ÉLÉONORE
Pas plus que moi ! J'avais dfx ans à peine quand l'empereur Charles-Quint, mon frère, me maria...
MARGUERITE
A dix ans?...
ÀOTB 1, aCÈNS JUU %3&
Pour parfaire un traité de commerce, à un vieux, pr iivce va-^ létud inaire, que je n'ai janftw vuL.. Bh bien ! aujourd'hui, c'est plus terrible encore! Pour acquitter. ses dettes envers l^ coaiiétable de Bourbon, qui lui a feil gft^fMr la bataille de Pâvie.., il 1»} a promis »a JBMki*
MARGUERIIIU
Un traître à la France, sa.fmlm I A François 1*% son loav^aia*
Et vous obéiriez?.,. •
lHJto«Qlit«
Jamais ! jamais ma main ne sera Iq ^ii^ d'unci t|^i90Q%-^ Vous répouserez, a dit mon fç^jj^^ou \mi^ ^tï^rez au couvent! — Et moi j'ai répondu : J'entrerai au couvent.
noble et généreuse fille !
Et oomne je foadai^ w \^fm»f U nx'a dit ; Finissons, je suis pfe«8é. Je vous donne, jusqu'à dçWAia powc réfléchir encore qt V0U8 décider. Et il m'a (juitl^e claiis une cqlère épouvantable, pat^r alkr à la iiie«9^|,,« Gonaoïe çek 4Qit l^i profiler! Mais il n'avait pas besoin d'attendr(^^ C6 $^a demain comme aujourd'hui.
iiA^Gu^n:is»
Vous entrerez m fiQ>JXÇ*t?
ÉLÉONORE
Ayçc JQie ; car ce ne sera pas pour longtemps, je l'espère... et Keu m'^ppellçra bi^n vite à lut.
MARGUERITE
Un si profond découragement... au printemps de la iHe*.. au iBOjpaeat où toptest joie et espérance... Éléoiiore, on peut tout me dixe, à Eftpi. Je suis française, et pourtant, croyez-le bien,
aussi bonp.e ÇathaIi(}Ue que vous. (La regardant atUntivement, ek après ua
imtoai, de «ikoce,!, Elcs-vous bicp sûrc, quand vous serez au couvent^ de n'y penser qu'à Dieu?.».
ÉLÉOINORE.
MARGUERITE
Cherchez bien!... N'y aurait-il pas, au fond de votre
bainti^
)Our le connétable... quelques sentiments plus tendres... pour an autre?...
ÉLÉONORE^ yvnmuL
Oh! non...
MARGUERrrE.
Prenez garde... si vous le niez avec tant de vivacité... je vais croire que f ai rencontré juste.
ÉLÉONORE
Quoi! vous pourriez supposer?...
MARGUERITE^ avee un tonpir.
Je suppose toujours^ avec les jeunes veuves comme moi... et cela pour cause.
ÉLÉONORE^ étoordlmeiit.
Quoi! vous aimeriez aussi?...
MARGUERITE^ sonrittuft.
Aussi!...
ÉLÉONORE^ oonfoM, «t à ptii
ciel!
MARGUERITE, mènent.
Ne vous effrayez pas, je n'en dirai rien... Nous sommes deux alliées naturelles, deux opprimées qui devons faire cause commune... Voyons... (Awc un Murlie d'interrogation.) Il CSt bcaU?... (Élê^
nore fait signe ^ne oui.) Bravc? (Même geste.) Diguc de VOUS par le rang?
ÉLÉONORE
Oh! oui.
MARGUERFTE, ▼ivement.
Vous n'irez pas au couvent... vous Tépouserez.
ÉLÉONORE, eftay«e.
Taisez-vous, taisez-vous!... Que ces murs ne vous entendent pas !... des obstacles étemels, infranchissables... sur lesquels il ne faut pas même arrêter sa pensée...
MARGUERITE
G*est pour cela qu'on y pense... Je ne suis pas bien sûre qu'il n'y ait pas aussi, de par le monde, quelque jeune chevalier que tout sépare de Marguerite... Mais qui oserait dire ici-bas qu'une chose est impossible... avec la foi, Fespérance... et un peu de charité pour ceux... que nous aimons !...
ÉLÉONORE
Et moi, qui croyais que vous n'aimiez au monde que votre Hrel