‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 153 sur 265 · ACTE I. SGÈNI5 YIII. Ui · texte numérisé non relu

ACTE I. SGÈNI5 YIII. Ui

MARGUERITE

II y a temps pour tout!... (Sén«iia«iient.) mais vous dites vrai : . Lui d'abord! sa liberté et sa gloire... avant mon bonheur et ma vie!... et je tremble en ce moment d^ètre obligée de quitter Madrid.

ÉLÉONORB.

Que me dites-yous là!... ce n'est pas possible... il faut y rester à tout prix... Vous ne savez donc pas que depuis deux mois... le roi de France, séparé de tous ses serviteurs, est renfermé dans une tourelle étroite et obscure... attenante au palais... une cellule d'ancien couvent... ou plutôt un cachot 1

MARGUERITE

Qui VOUS l'a dit?...

ÉLÉONORE, tnt dialaiir.

Que VOUS importe?... je le sais !... en proie à toutes les tortures, livré au désespoir... ne croyant plus jamais revoir ni la France, ni sa sœur qu'il appelle...

MARGUERITE

Qui vous l'a dit?

ÉLÉONORE

Une fièvre ardente le dévore en ce moment; ses jours sont en danger, et ni l'empereur, ni le conseil de Castille n'en sont instruits; ses geôliers seuls connaissent la vérité et la cachent à tous les yeux !

MARGUERITE

Et d'où le savez-vous?

ÉLÉONORE

Qu'importe? si j'en suis certaine... si je viens, sous le sceau du secret, et sur le salut de mon âme... vous dire à vous, Marguerite^ ne parlez pas de moi, ne me trahissez pas... mais sauvez votre frère qui se meurt?... -Me croyez-vous maintenant?

MARGUERITE, Fembrusant

Merci, merci, ma sœur. . .

ÉLÉONORE, troubla

Ma sœur !;.. Ah ! un tel nom...

MARGUERITE

Si j'en cotmaissais un plus doux... je vous le donnerais, à vous qui semblez partager ma peine !... mais il n'y a pas de temps à perdre... il faut que je voie l'empereur.

T. ni. I*

â43 LES CONTES DE LA REINE BE IfÂYARRE.

ÉLÉONORE

Le moment est mal chôfâi... Toas tiVibtiendrez rfen delui^ car il était, hier soir, furieut contre toas F

MARGUERITE

Vous en êtes sûre...

ÉL$QNORÈ, avec iin|»atieiiça.

EhouiU^« (V««tAsd«c«iirQçiift.) Avssî!..; quand il semblait éésirer si vivement cetl^ auoiôaière brodée paf vOâ mains»., quelle maladresse ^ ne pas la lui offrir!,,.

l(àB^BIifiaLT&^uift4»iae.

Vous croyez?.,.

ÊLÉOMORE.

n en a été tellement blesçé... qu'a]^ votre départ... il a g^dé U silence at s'est mordu les lèvres eu souriant^ ce qui est cb£i lui ou sij;oiei de |;tande colère,

MARaUERlTEj av«ftioi#«

En vérité?...

* ÊLÊONOftE.

Et lorsque les envoyés des Pays-Bas sont vertus lui annoncer la révolte de la ville de Gand... Il ne les a seulement pas écoutés... et s*est contenté de murmurer votre nom entre ses dents... en s'écriant : Qu'elle n*espère |amais rien de moi!.

MARGUERITE, souriant avac espoir.

Ah !... je crois que je peux demander... le moment est excellent... conduisez-moi vers lui?

ÉLÉONORE

A l'heure qu'il est^ c'est impossible.... le roi est entré depuis longtemps dans b salle du Conseil...

HARaUEBITE.

RaiaoA da ]^ 1 c'e^ a^ Qonseil que je veux lui parler^ ' Vous !

MARGUERITE

Gomme envoyée de ma mère Louise de Savoie, régente de France!...

ÉLÉONORE

Nul n'y peut pénétrer^ et surtout une femme T...

MARGUERITE;^ avec effroi.

Que tm dites-vous là?

AiCTS 1, SGÂNS IX. 2i3

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