‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 168 sur 265 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ÉLÉONORE, ISABELLE, GUATTÏNARA.

GUATTHIABA, ^rltnt m dehon, à lapirtto \ dnila.

Oui, VOUS dis-je, j'ai à parler à Son Altesse, (n piaet «>■ etàfHt

•w le guéridon à droite, t'avanM, et,.ap«rea«aBt Éléonora:) DiCU! la prinCCSSC

Éléonore!..

ISABELLE

Qu'est-ce donc?

Je m'enupreseais d'apporter à Voti% AUflSie des tettM de France^ des complimeot» de félicltatioiM dé la végeste Lôukedg Savoie sur votre mariage.

Une lettre de ParisJ... c'est singulier, moi iq«i viens d'y écrire!... un message très-pressé paor des gants et des rubans !

GUATTINARA. ' - - r - "' '.• '.

Eh ! mon Dieu ! i>a.34iifi désoléJ La lettre deVotre Altesse ne

partira pas! je yiens de donner Tordre d'arrêter Itoits-ieiffwalr-

riers qui partent pour la Franee, excepté ceux de ]*empereur^ et

d'ouvrir toutes les lettres. .,. ^r- • —:• -./^^

iSABESkLS; %iicindiilniiet.

•Ahi-t)ab4 -■ • ••>• -■• ■' -^

.D<imwidei*lui doue pourquoi? .

1SASEI.U> i* ««Hê.

(Test juste! je n'y pensais plus. (Haat.) Et pour quels motifs, seigneur Guattinara? ' >

GUATTINARAy s'incUo«jiU. ...

Des motifs... politiques!

ÉLÉONaRB, .tel» à' iMdMllél

Raisoa déplus!

.• ■ 'A •• I8ABBL-LB;

Rafison de plus.», moi, la reine^ je dois savoir..;

• ODATTIH ARA, IlonH-i èlà part. '•--.-

Est-il possible l..i'(riàai.) H s'agit d'une affairé d'État, 'd*tin grave complot que j'ai découvert.

' ISABSLLB.

Vraimeut?

GUAITINARA, I pM;

Grâce à saint Pacôme î... (Haut ) Complot dont je tiens à saisir les preuvesvé. C'est pour xiela iîn& j'ai défendu de- laisser sortir aucua Français de Madrid, ou de leur aéoeirder' ifes vâulii^ ' conduits.

'lSABÊLLB,4NÉ«Ird'mSlfrenM^

Voye35-vws celai ...

ÉUtOMOKG, à voix baiiê.

Demandez quel est ce complot!

.-ISA'SBLLB* •

Quel est ce complot?,.. -

GUATTfNARA.

Intrigoe ptnrement diplomatique et très-embrouîllée! Voire Altesse tient-elle absolument à la connaître?

ISABELLE

Du tout!... c'était pour savoir... (Rencontrant on regard d'Eléooore.]

niats^ c'est égal!

' GUATTIMARA.

Ce sera très-long!

ISABELLE^ loi faisant signa d« te mais.

Assez! assez!...

GVATTINARA.

Je n'en dirai donc pas davantage !

ÉLÉONORE^ à part. '

Pas davantage! (Hant et se lefant.) Je crains que ma présence ne gêne Votre Altesse, et moi qui n'eiitends rien aux affaires d'Élat et qui ne m'en mêle jamais, je vous demanderai, Madame, la permission de me retirer. (Biie lai i«it la ^Térenee et sort.)

SGËNË III.

ISABELLE, GUATTINARA.

«OAITINARA, à part.

Enfin! elle s'éloigne! (Haut.) Tout à l'heure, quand je suis entré dans le salon où j'ai trouvé Votre Altesse, seule en tèteà-iête avec l'empereur, je n'ai pu, dans le trouble, dans la douleur où j'étais... savoir si vous aviez daigné parler à Sa Majesté de la nécessité de me conférer son ordre de la Toison d'Or!

ISABELLE

Oui vraiment! L'empereur a répondu : Rien ne presse, nous attendrons que notre nouveau ministre ait fait ses preuves et nous ait rendu quelque signalé service.

GUATTINARA.

Il a dit cela!... (a part.) A merveille, sire; on s'arrangera pour vous devenir nécessaire. (Haut.) Alors Votre Altesse a insisté?

ISABELLE

Oh ! mon Dieu, non !... Je ne pensais qu'à tout ce peuple, tous ces officiers qui criaient : Vive la reine!... et puis, dans Tintérieur des appartements, toute cette cour attentive et prosternée, tous ces jeunes seigneurs, si élégants et de si bonne mine, qui semblaient épier chacun de mes regards... Ah! c'est beau d'être reine d'Espagne!

ACTK m, SCÈNE III. 273

GUATTINARA^ me jtlouit.

Vous trouvez?

ISABELLE

Je commence!.,- car jusque-là ce n'était pas amusant. Et puis» sur uti geste du i*oi, tout le monde s'est retiré. Nous sommes restés dans le petit salon... seuls

G^ATTINARA» à put.

Ah! mon Dieu!...

ISABELLE

Il avait un air plus aimable» plus gracieux qu'à Tordinaire.

GOATTINARA.

C'était jour de gala.

ISABELLE

Probablement! cela m'a enhardie... j^ai causé beaucoup^

UATTIMARA» à part*

Tant pis...

ISABELLE

Le roi ne m^écoutait pas.;.

GUATTIRABA» à puL

Tant mieux...

ISABELLE

Mais il me regardait...

GUATTINABA.

Âïe!... tant pis!

ISABELLE

En disant... qu'il y a d'éloquence... qu'il y a d'esprit dans ces yeux-là... les miens!.. . Puis, comme me faisant signe de me taire, avec la main, il s'est écrié : Ah ! laissez-les, laissez-les parler... et il a pris ma main qu'il a pressée contre ses lèvres... C'est dans ce moment-là ^que vous êtes entré.

Ah ! si Votre Altesse savait ce que j'ai éprouvé de torture...

ISABELLE

Si jei'avais su... j'aurais sur-le-champ retiré ma main.

GUATTINARA.

ciel!... gardez-vous-en bien !... Dès que je me sacrifie... dès que je m'immole... ne voyez que votre bonbeur, votre gloire!... Oubliez un malheureux... c'est-à-dire, non, ne m'oubliez pas... ah contraire! Mais soyez reine!... reine toute-puissante... pour vous... et pour vos amis!

ffflt LES CONTES DE tA REtRE lOÏ^AYARRE.

- -ISABEttr. "" ^, ^.

CTest ce ({ue je me suis dit.

•4tocbe(té^ HMi Mlles «Ikmim; 4ftd6hiAte;'!iû moins^ me

ntum»'- •• > -

ISABËtLI^r

Et pour vous prouver tam, «QAflè<M(».tr*^ Parlez vite. -

,C\ .:: " «AWtIXB* " •• • •

Vous savez bien^ cette jèuJWL.(ainériite si gentille^ si vive^^ si amusante... que vous avez placée près de md^. • . GUAnmARâi La j^tite Sa^eh^Ue*.*. la .seopra B4J}ié9ft.AA.-i : . .i ..

ISABEUJ^. ^ ^

Je vous préviens qu'elle à une înciination...

GOÀTTARINA9 AjfMi.«j.«fee trooUe. •

ciel!..', qui a pu lui diref ... (Haut,.^^ •9^a9w4 y^^.WtJ^-^*'

ISABELLp.

J'en suis sûre... Tout S'I'heuré, à'ssîscTlà près de k porte de

mon petit salon... (Montrant la premiira porte à^oehe.) j'ai eutendu, SaDS

le vouloir... toute une conversafîbh...' Gomment cela?

ISABEU'G..

Une voix très-jeune et tfès-àgi^iabl^ dirait : « Sançliette... « Sànchette^ il falif que vous m'ayèis aûjourd^buî un sauf-conduit « pour la France. »

âÙAtTtNARA.

Un daof-conduit! pour la France ! E!t qui parlait aiQsi ?

ISABELLE

Je ne voyais pas, j'entendaiâ... et Manchette répondait : « Ja- « mais, car vous partlrîeiièt je ne vous vei^rals plus! Je safs bien, « continua-t-elie en pleurant, que vous ne m'aimez pasl »

6t}ÀlTfNARA, à part." •*

A la bonne heure!

iSAbÉLLE.

K Maiâ moi, je vous aime, témoin un ffrand seigneur de la « cotrr, que je supportais autrefois, et qu'a présent je détestt\ ! »

' ' GCrATTtNÀlaA, afee fi««^.

^ Âû ! c'est donc cela;.. . -

▲cnrE m^ acàm vr^ fflf

ISABSUSf 1

.SblQ«Ji.P'»t<5«toiptoQl

GUAITINARA^ moatnnt la gaoelM.

Et VOUS dites quMls étaieot là» à^^le petit salon?

ISABELLE. ^

Ils y sont peut-être encore... -

GUATnNARA.

Ah ! me Yoilà sur la trace... (FumiiI vm^um pu pou «ortir.) Je saurai... Dieu 1 ffempereur..,

Page 1