‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 185 sur 265 · ACTE ty, SCtNl! ÎT · texte numérisé non relu

ACTE ty, SCtNl! ÎT

lin pîcd ferme et vigoureux, u C'est le pas de moh tnâfi, s'écrie Sanchette en pâlissant... Comment cela se fait-il... lui qui, dans ce moment, galope sur la route de France I... » Mais le doute n'était plus possible, car Babléça frappail et criait déjà comme un aveugle... ou plutôt comtne un borgne quMl est. Onvrez, Sanchette... c'est mol!... — « Vous ! s'exclame San- « chette, avec une présence d'esprit admirable... vous, iéêiis « Maria... au moment même oû je rêvais de vous! » — Puis elle me fait signé de tne placer contre la porte, qu*ellc va intrépidement ouvrir, et au moment où Babiéça se présente, elle pose rapidement sa main sur le seul œil qui lui reste... en s'écriant, avec la sollicitude conjugale la plus tendre : Répondez, répondez-moi, de grâce !... y voyei-vous de Tautre œil? Je révais, quand vous avez frappé, que vous veniez de le recouvrer, par l'intercession de saint Christophe, Votre patron. « Eh ! non, F'écrie BabiéÇAavec humeur... je n'y vois ni de celui-ci, ni de Vautre, que vous me tenez fermé... j» Et, ett effet, il ne m'avait pas aperçu me glissartt derrière lui et descendant l'escalier. — Qu'en dites-vous, Madame, n'est-ce pas sublime?... et pourtant Votre AlteSàé ne rit pas.

MARGUERITE

Non... car je pensais à un autre conte... dont vous me parliez hier... celui où un pauvre gentilhomme alttie une grande dame à en mourur.

Est-ce que le conte serait fini?... Dites -le-moi, de gràcet

MARGUERITE

Je ne l'ose..,

HENRI

Vous n'osez !... 11 finit donc d'une manière bien malheureuse

MARGUERITE

Oui, le pauvre jeune homme va tant souffrir !•.<

HENRI, tremblâni.

Qu'importe ! si c'est pour cette grande dame? Mais elle, elle?

MARGUEtllTE.

Elle?... rien qu*à le regarder, ses yeux se remplissent de larmes.. . car elle ne sait comment lui dire qu'il faut se séparer...

ttÈNUl.

Moi... vous quitter!... Vous n'avez donc plus besoin de mon £ang, ni de ma vie, puisque VôUs repoussez cet amour qui me

faisait trouver des délices à être blessé pour vous^ à être captif pour TOUS !

MARGUERITE, l'intarrompant, froidement.

Henri^ on m'offre la liberté de mon frère... de votre roi... et une paix honorable pour la France...

HENRI

Gomment cela?

MARGUERITE

Vous aviez vu plus juste que moi. Ce que je ne croyais qu'un jeu, était réel. Celte couronne, que j'avais déjà refusée... le roi d'Espagne me l'offre encore aujourd'hui.

HENRI, eaebant sa tête dani tel matoi.

Ah ! que m'avez-vous dit?...

MARGUERITE

Prononcez vous-même.

HENRI, après un instant de silence, et baissant let feas.

Hésiter serait un crime!

MARGUERITE

Et 'ai hésité cependant!

HBNRI^ poussant on m de joie»

Ah!

MARGUERITE

Écoutez-moi, Henri ! Élevée sur les marches du trône, je l'ai vu de trop près pour en être éblouie, et je n'ai jamais eu qu'un désir, celui d'en descendre et de m'éloigner. Le malheur seul m'y retient, le malheur de tous les miens ; mais mon ambition et mon espoir à moi, c'était qu'en récompense de sa liberté et de .son royaume rendus, François 1", mon frère, me permettrait de vivre au sein de la solitude, de l'amitié et des arts, me laissant libre de disposer de mon cœur et de ma main; et celui que j'aurais choisi, croyez-le bien, n'aurait été ni un empereur ni un roi; il n'aurait porté ni sceptre, ni couronne, mais un cœur loyal et généreux, et m'aurait aimée surtout d'un amour véritable et sincère ; voilà les rêves que j'avais formés, et vous comprendrez maintenant qu'on hésite à y renoncer.

HENRI, avec désespoir.

Ah ! je comprends seulement que je suis le plus malheureux des hommes!

MARGUERITE, Tiven^nt.

Mais avoir pu délivrer son frère et son roi, avoir pu sauver son pays, et ne pas l'avoir fait, serait une honte et un reuiords

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