T. III. M
350 BATAILLE SE BAIOS.
LÉONIE
Hais...
^ COMTESSE
H est fort habile cavalier, et son habileté rassure ma tendresse pour toi!
LÉONIE
J'y vais, chère tante... (Sii ^éi miàni.) Ah! je le déteste 1 SCÈNE V.
LA GOMTESSS) HENRI, ira* U hom de Charl««.
LÀ COMTESSE
E}i bien, méchant enfant, vous ne sere?; donc jam^ raisonnable?.,,
HENRI
Grondez-moi, vous grondez si bien!
LA COMTESSE
Vous ne me désarmerez pas, par vos cajoleries!... Vous exposer sans cesse à être découvert ou par Léonie ou môme par un de mes gens... aller chanter un air de Gimarosa diois le paie; et le bien chanter, encore. .,
Ge n'est pas ma fslute; je me rappelais toutes t09 inflexions.
LA COMTESSE
Taisez-vous!... vos flatteries me sont insupportables..: ingrat!... je ne parle pas seulement pour moi qui vous aime en BfBur... mais pour votr« pauvre mère...
HENRI
Vous avez raison !..• vivons, que dois-je faire?
LA G09ITES8E. .
D'abord répondre quand j'appelle Charles... èt&a pas dire... Quoi? quand quelqu'un dit Henri.
HENRI
La vérité est que je n'y manque jamais.
LA COMTESSE
Puis, ne plus vous extasier devant les dessins de ma nièce, et ne pas répondre comme tout à Theure... Je ne ferai plus que penser ce que j'ai dit!... Hypocrite!.!, il ne peut pas se décider à ne pas être charmant... Enfln] ne pas vous exposer, comme vous l'avez fait ce inatin encore, malgré ma défense, on allant à
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Lyon... Hais^ malheureux efifanf I tous ne savez donc pas qu'il s'agit de yos jou^s...
^m^^f c«i«iDfiiu
Bab!
U POMTESSK.
Tout esf à crain()r^ depuis Tarrivée du iHti^ll de Hontricbaid. Lç baroii de Mootricbaid!
14 COMJKÇSV*
Oui... le nouveau préfet... \] a h fluesse fum fe<uïme, il est rusé comipe un diplomate, et avec cel^^ctjf^ persévérant... et penser que c'est à moi peut-ètr^ qu'il (loit «a nomination !...
PflNRl.
Vous^ cpmtesse; vous avez f^it nqrpmer un homme comme lui, dévoué pendant vingt ans, corpi et âme, au Consulat e> à TËmpire...
LÀ COMTESSE
(Test pour cela ! il est toujours dévoué corps et âme à tous les gouvernement^ établis^ et il les sert d'autant mieux qu'il veut faire oublier les services rendus h leurs préc|écesseurs... aussi va-t-il vouloir signaler son installation par quelque action d'éclat.
HEimi.
C'est-à-dire en faisant fusiller deux ou troi^ pauvres diables oui n'en peuvent mais...
LA COMTESSE
^oUy il n'est pas cruel ; au contraire ! je sais mdme qu'il avait demandé une amnistie générale; mais l'idée de découvrir un chef de conspirateurs va le mettre en verve ! il déploiera contre vous toutes les ressources de son esprit... votre signalement sera partout... je le sais... le premier soldat pourrait vous reconnaître...
HBKRU
Eh bien... vous l'avouerai-jeî... i! y a dans ces périls, dans cette vie de conspirateur poursuivi... je ne sais quoi qui m'amuse comme un roman 1 rien ne me divertit autant que d'entendre prononcer mon nom dans les marchés, que d'acheter aux crieuTs des rues ma condamnatiûn, que d'interroger un gendarme qui pourrait me ipettre la main sur le collet... et de lui parler de moi... — Eh bien, monsieur le gendarme, cet Henri de Flavigneul, est^ qu'il n'est pas epcore pris^ — Non, vrai-
ment^ c*est un enragé qui tient à la vie^ à ce qu'il parait... Ditismoi donc un peu son signalement^ si vous Tavez?...
LA COMTESSE
Mais TOUS me faites frémir !... Oh! les hommes! toujours les mêmes!... n^ayant jamais que leur vanité en tète; vanité de courage ou vanité d*esprit... Eh bien! tenez^ pour vous punir, ou pour vous enchanter peut-être... qui sait?... voyez cette lettre de votre mère... savourez les traces de larmes qui la couvrent... dites-vous que si vous étiez condamné^ elle mourrait de votre mort... ajoutez que si je vous voyais arrêté chez moi, je croirais presque être la cause de votre perte et que j'aurais tout à la fois le désespoir du regret et le désespoir du remords... Allons, retracez- vous bien toutes ces douleurs... c'est du dramatique aussi cela... c'est amusant comme un roman... Ah ! vous n'avez pas de cœur r
HENRI
Pardon!... pardon!... j'ai tort!... oui, quand notre existence inspire de telles sympathies, elle doit nous être sacrée; je me défendrai... je veillerai sur moi... pour ma mère... et uour... (Lui pr«DUitu main.) et pour ma sœur!
LA COMTESSE
A la bonne heure! voilà un mot qui efface un peu vos torts... Pensons donc à votre salut... cher frère... et pour que je puisse agir^ racontez-moi en détail ce eoup de tête, dont me parle votre mère et qui vous a changé, malgré vous, en conspirateur.
HENRI
Le voici. Vous le savez, ma famille était attachée, comme la vôtre, à la monarchie, et mon père refusa de paraîire à la cour de l'empereur.
LÀ coirrESSB.
Oui : il avait la manie de la fidélité, comme moi!
HENRI
Mais le jour où j'eus quinze ans : « Mon fils, me dit-il, j^avais « prêté serment au roi, j'ai dû le tenir et rester inactif. Toi, tu « es libre, un homme doit ses services à son pays; tu entreras « à seize ans à l'Ëcole militaire, et à dix -huit dans l'armée. » Je répondis en m'engageant le lendemain comme soldat et je fis la campagne de Russie et d'AUemagne. C'est vous dire mon peu de sympathie pour le gouvernement que vous aimez... et cependant, je vous le jure, je n'ai jamais conspiré... et je ne conspirerai jamais! parce que j'ai horreur de la guerre civile^ et que^
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quand un Français tire sur un Français^ c'est au cœur de la France elle-même qu'il frappe ! il y a un mois pourtant, au moment où venait d'éclater la conspiration du capitaine Ledoux, j'entre un matin à Lyon ; je vois rangé sur la place Bellecour un peloton d'infanterie, et avant que j'aie pu demander quelle exécution s'apprêtait... arrive une voiture de place suivie de carabiniers à cheval; j'en vois descendre, entre deux soldats, un ▼ieiilard en cheyeux blancs, en grand uniforme, et je reconnais... qui?... mon ancien général ! le brave comte Lambert, qui a reçu vingt blessures au service de notre pays!... Je m'élance, croyant qu'on l'amenait sur cette place pour le fusiller ! non! c'était bien pis encore... pour le dégrader!... Était-il coupable ? je l'ignore... mais quelque crime politique qu'ait commis un brave soldat, on ne le dégrade pas, on le tue! Aussi, quand je vis un jeune commandant arracher à' ce vieillard sa décoration, je ne me connus plus moi-même, je m'élançai vers mon ancien général, et, lui remettant la croix que j'avais reçue de sa main, je m'écriai : Vive l'Empereur!
LA COMTESSE
Malheureux!
Ce qui arriva, vous le devinez ; saisi, arrêté comme un chef de conspiration, je serais encore en prison, ou plutôt je n'y serais plus, si un des geôliers, gagné par vous, ne m'avait donné les moyens de fuir, ici... chez une royaliste, mon ennemie, ici, où j'ai le double bonheur d'être sauvé, et d'être sauvé par vous. Voilà mon crime!
LA COMTESSE
Dites votre gloire, Henri. J'étais bien résolue ce matin à vous sauver, mais maintenant... qu'ils viennent vous chercher auprès de moi !
S€ËNE VL
. Lis PBÉCÉDENTS, LÉONIE, «n habit de ehtnU LÉONIE.
Me voici, ma tante... Suis-je bien?
LA COMTESSE, l'igaftant.
Très-bien, chère enfant; ta cravate un peu moins haute... (a Henri.) Charlcs, allcz voir si mon frère est prêt! (Henri «oru)
LA COMTRSSE, à Léonie, tout en rajostuit.
Qui t'a donné cette belle rose?
3S4 B4.XÂlf/LS PE D^XSS.
LâONIE.
Monsieur dftGrigQgiii