‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 224 sur 265 · ACTE l, SCÈNE Xt · texte numérisé non relu

ACTE l, SCÈNE Xt

Posais pas : c'était de la honte^ de la^. colère... je me sentais entraînée vers un abîme, et cependant j'y tombais avec joie.

LÀ bÔMTE^SE, ave« ûxii^U.

(Jue veuî-iudlre?..:

tÈomk; Je bbmpl'endé but malhlctiatit... S! J'étîilÉi auâéi itidigriée ./>ntte Idi... et cohtl« ihol, ttia târitë; c'est qûé je l'aiiiiais !...

lA ÎCOMTESàk, âvetf exploîtoà.

"Vous l'àinifez!.;.

LÉONIE

Qu'avez-Yons donci^...

LA COMTESSE, Uidwnaii.

Rienl rien!,.. Vous l'aimez !..,

LÉONIE

Yous semblés irritée contre moi, obère tante...

LA GÔIÎTÈSSG, d« liime.

trritéë!... iridl.:. non!..: je hé suiâ pas iri'itée.;: Pourquoi a©raîs-jeitHtéët

LÉONlfe.

Jel'igporç!... peut-êiré... est-ce de tîifel cbhfiâtîce ti-op tardive..^ ^ë vbiis aurais dit pliis tôt mon sebrël si Je t'avais su plus tôt!

LA COMTESSE

Qui TOUS rèproçli^ votre, manque de confiance t.. . Laissezmoi... j'ai besoin d'être seule!...

LÉONlE, ftT«e doalsa».

Oh! mais... volis m'en voulez!...

LA COMTESSE, avec impitienea*

Mali tibn, vdUs dis-J*»—

LÉbNiE:

Vous ne iii'âVez Jamais |)arlë ainsi ! tous ne tné dites plus toif

LA COMTESSE, avec émotic».

.Tu pieurea?,.. Pardon, cbère enfant, pa^-ddn! Si je t'ai affligée,, c'est que moji-mèinâ... je souffrais... oh ! cruellement ! . . . je ^uffre encore... Laisse-moi seule un moment... je t'en prie !...

(Elle regarde Léoni«, pnit rembrawe TiTemenl.) Va-t Cil . Va-t en ... . LÉONIE > ea «\n allant,

A Ut bonne lieure, aU inoiua. ^Eiie son.)

SGËNE XII.

LA COMTESSE, Mnle.

Elle Taime! Pourquoi ne Taimerait-elle pas?... N'est-elle pas jeune comme lui? riche et noble comme lui?... Pourquoi donc souffré-je tant de cette pensée? Pourquoi, pendant qu'elle me parlait... ressenlaisp-je contre elle un sentiment de colère... d'aversion, de... Non, ce n'est pas possible ! depuis quinze jours ne Teillais-je pas sur lui comme une amie... ne lui parlais-je pas comme une mère?... ce matin, ne Tai-je pas remercié de ce quil m'appelait ma sœur?... Ah ! malgré moi le yoile tombe !... ce langage maternel n'était qu'une ruse de mon cœur pour se tromper lui-même... je ne cherchais dans ces titres menteurs de sœur ou de mère qu'un prétexte, que le droit de ne lui rien cacher de ma tendresse... Ce n'est pas de Tintérèt... de l'amitié... du dévouement... c'est de l'amour!... J'aime!... (Aveceftoi.) J'aime!... moi! et ma rivale, c'est l'enfant de mon cœur, c'est un ange de grâce, de bonté... Ah! tu n'as qu'une résolution à prendre! renferme, renferme ta folle passion dans ton cœur comme une honte, cache-la, étouife-la!... (Aprè« on moment de liienec.) Je ne peux pas ! Depuis que ce feu couvert a éclaté à mes propres yeux; depuis que je me suis avoué mon amour à moimême... il croît à chaque pensée, à chaque parole!... je le sens qui m'envahit comme un flot qui monte!... (ATeerttoiution.) Eh bien ! pourquoi le -combattre? Léonie aime Henri, c'est vrai... mais lui, il ne l'aime pas encore... il aurait parlé s'il l'aimait... elle me l'aurait dit s'il avait parlé... (Avec joie.) 11 est libre! eh bien! qu'il choisisse!... Elle est bien belle déjà... on dit que je Je suis encore... Qu'il prononce !... (aw douiear.) Pauvre enfant!... elle l'aime tant!... Ah Dieu ! je l'aime mille fois davantage! Elle aime, elle, comme on aime à seize ans, quand on a Tayenir devant soi et que le cœur est assez riche pour guérir, se consoler, oublier et renaître!... mais à trente ans notre amour est notre vie tout entière... Allons, il faut lutter avec elle... luttons... non pas de ruse ou de perfidie féminine... non ! mais de dévouement^ d'affection, de charme... On dit que j'ai de l'esprit, servonsnous-en... Léonie a ses seize ans, qu'elle se défende *.... et si je triomphe aujourd'hui... ah ! je réponds de l'avenir... je rendrai Henri si heureux que son bonheur m'absoudra du mien! (Après m »Amentde siienee.) Mais triomphcrai-jc? sais-jo seulement s'il m'est

nis de lutter?... qui me l'apprendra? Quand on a on grand

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