‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 231 sur 265 · ACTE IT^ SCiNB ni · texte numérisé non relu

ACTE IT^ SCiNB ni

HENRI, «fae «xaltelioa.

Pourquoi? pour tous dire tout ce que j'ai dansTâme! le dire si je le puis... car comment exprimer ce que j'ai ressenti... puisque personne n*a jamais vu ce que je viens de voir... n'a jamais entendu ce que je viens d*entendre !...

LA COMTESSE, Moriaiit» ntif teM.

Quel enthousiasme! et qui donc a pu le causer?

BB«ai.

Qui? vous et elle !...

U COMTESSE

Comment?

HENRI

Elle et vous!... vous deux, que je ne veux plus séparer dans ma pensée; vous deux, qui venez de m'apparaitre unies, confondues... comme deux sœurs!

LA COMTESSE, nul.

Ou comme deux roses sur la même tige... ou comme deux étoiles dans la même constellation... Mais cependant, avouez-le, la rose cadette était la plus belle !

HENRI

Gomme«t vous le dire, puisque je ne le sais pas moi-même? Aucune n'était la plus ^lle... car elles s'embellissaient l'une l'autre, car le front pur et angélique de la plus jeune faisait ressortir le front poétique et brillant de l'aînée!... Vous souriez... que serait-ce donc... si je vous racontais mes impressions pendant le duo que vous avez chanté ensemble...

LA^COMTESSE, gaiement.

Racontez... racontez... je suis curieuse de voir comment vous sortirez de cet embarras...

HENRI, gaiement.

Je n*en sortirai pas... et mon bonheur est dans cet embarras même...

U COMTESSE

(Test fort original!

HENRI

Grâce à ma bienheureuse livrée, j'étais mêlé à vos fermiers et à vos gens... Eh bien!... à peine vos première notes en- (endues, car c'était vous qui commenciez, à peine votre belle voix touchante eut-elle attaqué ce cantabile admirable, que dei la rtnes coulèrent de tous les yeux...

370 BATAiLT.n DE DAMISS.

LA GOHnSSE.

Prenct garde !••* vous «llei être infidèle à la seconde étoile!.. HBimi.

Vos railleiries fte m'airèteront pas... Ces intelligences încuUes... ces oreilles gro&^lères dei^naient fines et délicates en vous écoutant... elles ne se rendaient compté de rien^ et cependant elles comprenaient tout!...

LACOlITtSSE.

Et Léonie?...

' flKMM.

Elle parut à son tour... et, je vous Tavoue, quand elle commença, une sorte de pitié me saisit pour elle... Pauvre enfant! me dis-je... comme elle va paraître gauche et inexpédmentée!

tX COHTfiSSE, avM plut «le «ivaeiU.

Eh hien?...

■CMUt.

Eh bien. J'avais raison!... Son inexpérience ^ trahissait d&ns chaque note... mais je ne sais comment cette inexpérience avait un charme que je ne puis rendre !...

Ah!...

HSKBI.

On ne pouvait s*empècher de soûlrire en entendant cette voix enflBintine après la vôtre... et cependant, ce contraste même lui prêtait quelque chose de naît... de frais...

LA COMTESSE

Prenez garde !... voici la première étoile qui pâlit à sou tour.

HENRI, avec ehalear.

Non'.... non!,., car les voici toutes deux réunies! car IVnsemble du duo commence, car votre voix émouvante et passionnée se mêle à son chant timide et pur... Oh ! alors... alors... il sortit de ce mélange je ne sais quelle impression qui tenait de Tenchantement. Ce n'étaient plus seulement vos deux voix qui se confondaient, c'étaient vos deux personnel... vous ne formiez plus qu'un seul être! charmant... complet... représentant à la fois la jeune fille et la femme, tout semblable enfin à un rameau de cet arbre, fortuné qui croît sous le ciel de Naples, et porte sur une même branche et des fleurs et des fruits!

LA COMTESSE, 1 part.

spère.

ACTB 11^ 8GÈ^*£ iir* 371

HENRI>

Ab ! mon Didu !

IiA COMTBSSft»

Qu'avez-vous?

Une contredanse que j'ai promise.

LA coamMi.

A qui?

mwMLU A Catherine, votre fermière^ vis-à-yis mademolMlld l4onie| votre nièce, contredanie qu« j'oubUnlB pfto de vous.

LA COMTESSE^ avêi j«!è.

Est-il possible!

EENRl.

Heureusement ForcbeStfe n'a pM eiit<n^ donné le signal... et je cours...

LA COMTESSE

Ouï, mon ami... il ne faut pà§ jfàiîê attendre... fflâdâfné Catherine la fermière... Allez!... alléî!... (p«ndiDi qu'fieAri sort par )a

drdite, hprès avoir bais^ la riiain âe la eomtâsse qa le iâU dSs ft«i, tiéolité ènVrd dâiieement par la porte du fond, et a'approchant de la eomteMe.)

LiOhtË.

Matante!...

LA COfltVilfc.

Toi ! le té efoyais invitée ptnt telle tsontlMansê...

IfiôKtfi.

Oui.

u coHmâB.

Ëbbien! inn^TàSKAs?

LÉ6m«.

C'est qu'auparavaot j'aurais un c6oseil à vous demander,

Comment?...

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