‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 252 sur 265 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MONTRIGHABD, LA COMTESSE et LÉONIE, aisifei à droite et

travaillant.

MONTRICHARD, parlant en dehors i nn dragon.

Continuez vos recherches; mais suivez surtout le domestique a qui était avec moi... ^

LÉONIE, bai à la comtesse.

EDiendez-YOus? il soupçonne M. Henri...

LA COMTESSE, avec trouble.

C'est vrai ! (Se remettant.) AUoDs, du sang-froîd!

LE BARCm, s'approehant de la comtesse et de Léonie et lef salnant.

Mesdames...

LA COMTESSE

Ah ! c'est VOUS, baron? vous venez vous reposer auprès de nous de vos fatigues; vous devez en avoir besoin... Léonie... un 'auteuil à M. le. baron...

MONTRICEARD, prenant lui^mime on siège.

"Ne prenez pas cette peine. Mademoiselle.

LA COMTESSE, gaiement.

Eh bien, où en êles-vous de vos recherches? Avez-vous fait déjà enfoncer bien des armoires dans le château? Avez-vous bien fouillé... interrogé?... Mais à propos d'interrogatoire, comment appelez-vous cet examen de conscience que vous avez fait subir à ma nièce ?...

MONTRICHARD

Mademoiselle ne m'a appris que ce que je savais déjà, que M. de Flavigneul est caché ici sous un déguisement.

LA COMTESSE

Voyez-vous cela... un déguisement de femme peut-être... C'est peut-être ma nièce ou moi?

MONTRICHARD

Riez, riez... madame la comtesse, mais vous ne me donnerez pas le change...

LA COMTESSE

Je m'en garderais bien!.;. Savez-vous que vous avez fait là une belle trouvaille? Ah çàl comment allez-vous faire maintenant pour ^découvrir le coupable parmi les vingt-cinq ou trente personnes du château...

MONTRICHARD

Le cercle se resserre, madame la comtesse; et si mes souprons ne me trompent pas, d'ici à peu de temps...

LÉONIE, bas à la eomtesM.

11 sait tout, ma tante ! ... (La eomlesse lui prend la main ponr U fain tain.) MONTRICHARD, conlinnant. t

Dès que j'aurai un signalement que j'attends...

LÉONIE, bas.

::ien

ACTB III, SCÈNE V. 401

MONTRICHARU.

Je pourrai J'espère, ne plus vous importuner de ma présence.

LA COMTESSE

Ne vous gênez pas, baron; et si vos soupçons se trompent... ce qui leur arrive quelquefois... veuillez vous installer ici sans façon, sans cérémonie, comme chez vous...

MONTRICHAIU).

Moi!...

LA COMTESSE

Certainement : et pour vous laisser toute liberté dans vos recherches, je vous demanderai la permission d'aller passer quelques jours à la ville, où des affaires m'appellent.

LÉONIE, ëtoiinë«.

Vous, ma tante!..!

LA COMTESSE

Tais-toi donc!...

MONTRICHARD, i part.

Ah! elle veut s'éloigner... (Haot.) Vous partez?

LA COMTESSE

. Oui, vraiment; et à moins que je ne sois prisonnière dans mon propre château... et que M. le préfet ne me permette pas

d'en sortir... (Toatle monde h lève.)

MONTRICHARD

Quelle pensée. Madame!... Cest à moi d'obéir, à vous de commander!

Vous êtes trop bon. J'avais d'avance usé de la permission en demandant mes chevaux... Sont-ils attelés?

LÉONIE

Oui, ma tante.

LA COMTESSE, sonnant.

Eh bien!... pourquoi ne vient-on pas m'avertir?... (sii« aobim

toi\;oon.)

Page 1