SCÈNE XV
LA COMTESSE, LËONIE.
Ouï, ou!^ tu peui partager maintenant ma sécurité et ma joie.
(Voyanl qu'elle se dJtoorne pour essuyer ses yeux.) Eh! mOU Dieu^ d*OÙ Viennent les larmes?
LÉONIE
Je ne pleure pas, ma tante, je ne pleure plus... (Sao^ioianto Je suis heureuse... il est sauvé !... mais en même temps, je suis au désespoir... car tout à l'heure, quand ii est revenu si imprudemment... quand je Tai caché dans ce cabinet, où je tremblais pour
lui... (Pleunat toujours.) il m'a dit...
LA COMTESSE, fifement.
Quoi donc?
LÉONIE, de mèni«.
Est-ce que je sais? est-ce que je puis me rappeler? Tout ce que j'ai compris... c'est que tout était fini pour moi !
lA COMTESSE, à part et avec tmteMe.
J*entends !
LiONIE.
Que nous ne pouvions jamais être Tun à Tautre!
LA COMTESSE, de même et à part.
Cest juste !... il fallait bien le lui dire ! (Prenant u main de Uode.) Pauvre enfant!... et tu lui en veux... tu le détesles?..^^
LÉONIE
Ob! non!... mais j'en mourrai!
LA COMTESSE, cherchant i la consoler.
Léonie... Léonie... il faut de la raison ! ... car si, par exemple... il était lié à une autre personne...
LÉONIE, Thement. ^
Justement !... c'est ce qu'il m'a dit ! lié à jamais i
LA COMTESSE, TiTeinent.
^t a t'a nommé cette personne?
ACTK ni, SCÊNB XV. 421
LÉONIE
Non!... il ne Ta jamais voulu!... mais vous, ma tante, est-ce que vous la connaissez ?
LA COMTESSE
Je crois que oui!
LÉONIE
En vérité?... savez-vous si elle Taime!... beaucoup?...
LA COMTESSE, avee force.
Oui!...
LÉ0N1E, i la eomloM«.
Et elle est aimable,., elle est jolie?...
LA COMTESSE
Moins que toi, sans doute...
LÉONIE
Ehbien, alors?...
LA COMTESSE
Que veui-tu^ mon enfant, on ne raisonne pas aviec son cœur... et, quelle qu'elle soit, s'il la préfère... si elle est aimée...
LÉONIE
Mais pas du tout! c'est moi qu'il aime...
LA COMTESSE
O ciell...
LÉONIE
C'est moi ! il me Ta avoué... mais il est lié à elle par le res pect, par Tamitié, que sais-je ! par la reconnaissance...
LA COMTESSE, vivemeiit.
La reconnaissance... ah!
LÉONIE
Lié surtout par une promesse quMl lui a faite... et qu'il tiendi même au prix de son sang ! Voilà qui est absurde ! dites-le-Iu' ma tante, vous seule pouvez le décider!...
HENRI, qui depaii quelques îostàoU écoutait et a cherché en Tain à so eonlenir, s'élance de la porte à droite.
Taisez-vous ! taisez-vous !
LA COMTESSE
Ciel!
LÉONIE, & Henri.
Rentrez, rentrez de grâce! Si M de Montnchard arrivait...
HENRI
Que iif importe!... j'aime mieux mourir!
LA COMTBS&E.
Mourir^ plutôt que de uviDquer à YOtre promeMetr .» c'est bien Henri !
L^ONIE.
UdLiSy ma tante...
lA GOUT^SSE.
Laisse-moi lui parler. (Bu i Henri.) Je vous dois ma viOi^ dÛH
pOSeZ-eO. m^aveZ-VOUS dit. (Lëonie «'âol^ de qutlqoM pu.) HENtll.
Qu'exigez-vous?
LA COMTESSE
La seule chose que j*aie désirée^ révée^ potirsâitte... votfe bonheur!
LA COMTESSE^ aile fait aigna i Léonia de s'approclier; aile loi prand la nuuBy al k met daM «alU de Hearl.)
Heori^.* voici œlle qa*il faut choisir*
HBHil.
Ah ! mon amie... mon amie t
LâONlE.
Ah ! j'étais bien sûre que je yqus le devrais ! (Biie aa leua à aea
lenoux.)
DE GRIGNON^ rentrant Tivamaot par la porte à ganehe.
Eb bien) qu'est-ce que vous faites donc là? voiçi M. de Moutrichard !
TOUS
M. deMontrichard!
LÉONIEi & Havi.
Oh ! rentrez ! rentrez !
Dfi GRIGNOH.
Il monte par cet escalier... le voici!
LÉONIE^ à part.
Il tl*eSt plus temps! (Henri, (jni est prèi da canapé à droite, a'y asseoit vivement ; les deaz femmes se tiennent debont devant lai, cherchant i la cacher par laiis jnpes.)