ACTE IV; SCÈNE Vn
ALBERT
11 faut que je lui parle... de la part de Maxence... qui de soa côté s'est mis aussi à sa poursuite.
BOUVARD
Rassurez-Yous, il Ta tu.
ALBERT
Ed ètes-YOus bien sûr?
BOUVARD
Us sont sortis ensemble... en voiture !
ALBERT
A la bonne beure... je respire... ma mission est finie.
CORINNE
Vous venez donc de voir ce pauvre Maxence?
ALBERT
Lui pauvre!... ah bien oui!... ce n*est plus cela!
Que dites-vous? (U eoml«, qui était detuit la tabl*, inltrrompt u l«ttrt, tt tonjoart uiis survie eaaapé, il éeoute.)
ALBERT
Un peu avant la sortie de la Bourse... il parait que, dans bi coulisse et parmi les joueurs, un bruit a tout à coup circulé ; on a prétendu que M. Desgaudels, le riche Desgaudets...
CORINNE
Mon père!
ALBERT
Qui jamais n'avait voulu se mêler d'affaires de ce genre... était à la tète de la nouvelle ligne de chemin de fer... que le comité d'administration, c'était lui, que Maxence n'était que son prête-nom... que Desgaudets, qui avait gardé une masse énorme d'actions... achetait les autres au dessous du pair pour les accaparer toutes... A cette nouvelle, les actions qui tombaient à qui mieux mieux se sont relevées comme par enchantement. Des affaires énormes se sont faites à la fin de la bourse, rue Vi vienne et sur le boulevard. Maxence qui, dans le premier moment avait perdu la tête et voulait se brûler la cervelle, s'est vu tout à coup entouré et accablé d'agioteurs, d'agents de change, de courtiers marrons, même des femmes... des grandes dames... c'était à qui lui demanderait des actions.
CORINNE, tfee joie.
Et il en a donné ?...
86 LE PDFP.
ALBERT
Cest ce que j'aurais fait à sa pîace!... mais lui... atouta coiip relevé la tête et reprenant courage, s'est écrié avec audace : Des actions!... je n'en ai plus!... on ne peut en avoir, M. Desgjiudels les a presque toutes! Il les a gardées pour lui et pour son gendre, M. Albert, que voici... J'ai voulu me récrier et réclamer. Tais-toi, ra'a-t-il murmuré à voix basse, tais-toi, tu me sauves. Alors, c'est moi que les demandeurs ont entouré, moi, complice involontaire de ce mensonge, ils m^ont poursuivi... ils m'ont supplié, même à genoux, de leur céder... de leur accorder de ces actions... que je R'avais pas. Vous jugez si j'ai résisté... si j'ai été inflexible ! Dix pour cent, me criait-on, vingt pour cent au dessus du cours... et moi je répétais : Je n'en ai pas. Messieurs, je n'en ai pas, pendant que Maxence, m'entraînant en dehors de la foMl^.;. me (lisait à l'oreillfii I Notre fortune est assurée à ma sœur et à moi.
ciel !
ALBERT
Cours près de M. Desgaudets, dis-lui que je lui donne cent mille écus des actions que je lui ai remises ce matin, mais qu'à moi... ou à tout autre, nMmporte, il ne les vende pas à moins, tout le succès de l'opération a<5t là. Je l'ai quitté.», j'ai couru,., et me voilà... heureux de vous annoncer ces bonnes nouvelles... heureux de vous apprendre que Maxence a retrouvé le repos et l'honneur, ei que, gràee au ciel, Antonia est plus riche que jamais.
iE COVTB, bu, à BouTwd, apris avoir léchM la Jttttn,
Va porter ton article.
BOUVARD, «tonné et à voix InsM.
Comment... tel qu'il est?
LE COMTE
Eh ! oui, te dis-je, va et reviens... (Boat^d sort p^r le fond.]
CORINPIE, bas, à i^I^ert pec joi».
Et moi, Albert, et moi j'ai ^e bien pieiljeufes npuy^lles efrr core à vous faire connaître...
Lesquelles?..,