‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 64 sur 265 · CORINNE, ALBERT · texte numérisé non relu

CORINNE, ALBERT

ALBERT, entrant tWeinent.

Quel dîner! J*aî cru qu'il ne finirait pas!... Et quelle conversation !... Que de mensonges! de yanteries !

CORINNE

Éloges désintéressés, donnés par Famitié.

ALBERT

Et par ceux qui dînent chez lui!... Et ce monsieur de Marignan, qui, à force de s'entendre dire qu'il était un grand homme... a fini par se le persuader!

CORINNE

Comment donc!... 11 attaquerait en calomnie quiconque oserait maintenant soutenir le contraire !

ALBERT

Patience!... cela aura un terme... et nous Terrons !

Raison de plus pour ne pas paraître sombre et préoccupé... comme tous... tout à l'heure, à ce dîner!

t ALBERT.

Je ne tous ferai pas le même reproche!... ^admirais yotre grâce, Tos saillies, votre gaieté !

CORINNE

C'est un moyen ! Cela permet d'obsenrer sans que l'on s'en

ÀCTB y, SCÈNE I. yr

doute... Vous ne Yoaliez rien dire! il fallait deviner!... Tai tout vu . . . votre physionomie taciturne^ Pair intrigué du comte ; et en sortant de table^ vous lui avez dit à voix basse : Je Tais vous attendre au salon. Je Tai entendu... J'étais derrière vous!... Cest pourquoi... me voici. Maintenant^ Monsieur, qu'est-ce que cela signifie?

ALBERT

Vous le saurez plus tard.

coRiraiE.

C'est une provocation.^, c'est un duel!

ALBERT

Eb non ! une simple explication !

CORINNE

Vous avez promis devant moi à Antonia... de ne rien risquer qui puisse la compromettre, vous avez juré que son nom ne serait même pas prononcé, entre vous et M. de Marignan.

ALBERT

rai tenu ce serment, et je le tiendrai encore... Mais il se présente, grâce au ciel, une circonstance... une occasion qui n'a aucun rapport avec Antonia, ni avec mon amour, et rien ne peut m'empêcher de la saisir.

CORINNE

Cette occasion, quelle est-elle?... ne puis-je la connaître?

ALBERT

Cest inutile... c'est une question qui ne peut être discutée par des femmes... mais il ne sera pas dit... que je me laisserai enlever celle que j'aime sans la disputer... moi qui porte une épée... Non, non, tant que je serai vivant, il ne l'épousera pas!... Ty suis résolu... Sans cela, comprendriez-vous que j'assistasse tranquillement à son triomphe... et à cette fête...

CORINNE

Vous voyez donc bien. Monsieur, que vous voulez vous battre avec M. de Marignan.

ALBERT

Oui.

CORINNE

Et pour Antonia?

ALBERT

Non... pas pour elle!... mais pour une autre cause... pour celle de Thonneur et de la vérité.

CORIFINE.

le ne tous comprends pas^ Monsieur.

Je vous al dit que cela n'était pas âéceUsaiiis. Mais cette exp)icatioii aura lieu.

CORINNE

Et moi, je m'y oppose; non-séulétnent pour vous, mais pour M. de Marignan. Je ne veux pas qu'il ^oît tué !... Ce ri*est pas ainsi qu'il doit être puni... ce serait trop tôt fait. Je lui réserve une expiation... plus longue, et qui m'est tôUte persônhelle. (Viyemeni.) Aiosi, conficz-moi toUtî... à moi, votre alliée... votre amie.

ALÉÉhf.

Non, non, éela ne i^égarde que môî... le Vôid! àe grâce, laissez-nous!... Je rie veux pas qu'il noUs voie ensemble.

CORINNE

SoU. (A part.) Mais si je ii'^ vois pas^ j'entendrai! (sue win avu

le cabinet î gauehe.)

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