ACTE T^ SCÈNE II
raffut d'un canon... car ils sentent encore l'odeur de la poudre et du cigarre !... Lisez^ Monsieur^ lisez!
ALBERT^ jetant 1m yeux tor le maaiueril.
O ciel!...
LE COMTE
Connaissez-vous cette écriture?
ALBERT
Si je la connais!
LE COMTE^ d'oB air trioaphul.
Vous voyez donc bien !
ALBERT
Cest la mienne!...
LE COMTE^ slopéftil,
La vôtre!
ALBERT
Eh oui !... c'est mon roman.
LE COMTE, «ttéré.
Un roman !
Composé par moi en Afrique!., et que je croyais perdu pour jamais, car je ne me rappelais plus un mot de mon chef-d'œuvre! Et au fait!... depuis cinq ans.
LE COMTE
Que dites-vous?
ALBERT
Tavais eu le bonheur de Toublier, et c'est vous qui me le rendez... (Parcoonot le manasent.) Oui, Vraiment... c'est bien cela... un roman historique... roman à la Waller Scott... où je fais jouer un rôle important à men général... et à moi.
LE COMTE
Quoi!... Monsieur... c'est de vous!...
ALBEBTy faailletant toiqours le mannaerit
Hélas ! oui ! c'était même si mauvais que le général, à qui je l'avais donné à lire... m'avait répondu avec un jui*on : « Occupetoi de ta théorie et ne pense plus à ces niaiseries-là... ou sinon... » Ce qui est cause... que je n'ai pas même pensé à lui redemander mon manuscrit resté entre ses mains. Voilà comment, après sa mort, on l'aura trouvé dans ses papiers.
LE COMTE, dans le plat grand troubla.
Permettez, Monsieur, permettez... rappelez bien tous vos souvenirs... êtes-vous sûr...
J02 LE purp.
ALBERT, ftiulUetant tnjiijoara.
Parbleu!... voilà tous mes personnages.... tous mes noms qnî me reviennent... l'aide-de-camp, Hector de Maugiron^ c'êlait moi... la jeune fille qu'il adore... et qu'il espère épouser au retour... c'est... (Hé«ii&nt.) une personne, dor^t il est inutile (je yous parler... et quant à la puissante tribu des Beni-Ballaboud... c'est bien cela!... une tribu de mon invention... e|; la Mahoqra... ah! je savais bien que ce nom-là ne m'était pas inconnu... tenez, Monsieur, tenez, voyez-vous écrit en marge : 'fqute de mievfip, 11 me fallait dans le moment une rivière... et n'en ayant pas sous la main... j'ai inventé celle-là... quitte à la changer plus tard contre une véritable!
LE COMTE, à part.
ciel!
ALBERT
Et c'est là ce que vous imprimez comme de l'histoire! c'est là ce qu4 vous vaut les éloges de la presse et l'admiration publique.
LE COMTE
Est-ce ma faute. Monsieur, si victimç paoi-même d'upe erreur... chèrement payée...
ALBERT
Je le sais!... Aussi je n'accuse plus votre bonne foi; mais ni vous, ni moi, Monsieur, n'avons le droit d'attribuer au général des absurdités dont je suis seul coupable et responsable. A chacun ses œuvres! et pour la mémoire comnje pour l'honneur de M. de Saint-Avold, il faut que la vérité soit connue.
LE COMTE
Quoi, Monsieur... publier qu'un livre d'histoire est un roman,
ALBERT
Ce ne sera pas le premier.
LE COMTE
Un livrp admiré, cité, vanté et adopté par l'Université.
I ALBERT
Jusqu'à demain. Monsieur, je garderai le silence. P'ici là^ avisez vous-même aux moyens de faire cet aveu, sinon je m'eii chargerai !
LE COMTE
Mais songez donc aux suites...
ALBERT
Elles sont toutes simples. C'est une erreur!,,, vous vous em-. pressez de la reconnaître je ne vois pas quels inconvénients...