SCÈNE lY
MASIIAM, AB.GAIL.
MASHAM.
Y pensez-vous, Abigaïl? lui parler ainsi?
ADIGAÏL.
Pourquoi pas?., j'en ai le droit. Et vous, Monsieur, qui vous a donné celui de prendre sa défense?
BIASilAM.
Tout ce qu'elle a fait pour nous... Vous qui me l'aviez représentée si impérieuse, si terrible...
ACIGAÏL.
Si méchante! Je l'ai dit, et je le dis encore.
172 LJS VERRE d'eau.
MASHAM.
Eh bien! vous êtes dans Terreur... Vous ne savez pas tout ce que je dois à ses bontés... à sa protection...
ABIGAÏL
Sa protection!... Comment! qui vous a dit?,..
Personne... c'est moi, au contraire, qui viens de lui avouer mon duel avec Richard Boiiiigbroke, et dans sa générosité elle a promis de me défendre... de me protéger.
ABIGAlLj sèchement.
A quoi bon?... M. de Saint-Jean n'est-il pas là?... Je ne vois pas alors qu'il y ait besoin de tant d'autres protections!
MASHAMj étonné.
Abigaïl... je ne vous reconnais pas... d'où vient ce trouble... cette émotion...
ABIGAÏL
Je n'en ai pas... je suis venue... j'ai couru... tant j'étais pressée d'obéir à la reine... Il ne s'agit pas de moi... mais de la duchesse... Que vous a-t-elle dit? •
MASHAM.
Elle veut, pour me soustraire au danger, que je parte demain pour l'armée.
ABIGAIL, poussant un cri.
Vous faire tuer, pour vous soustraire au danger!... Et vous croyez que cette femme-là vous aime? (Se reprenant.) non... je veuxdire... vous porte intérêt, vous protège?
MASHAM.
Oui, sans doute; je lui ai dit que j'irais prendre ses dépèches pour le maréchal... ce soir... chez elle...
ABIGAÏL
Vous avez dit cela, malheureux !
M.-VSHAM.
Où est le mal ?
Et vous irez?
MASHAM.
Oui vraiment... Et elle était pour moi si affable, si gracieuse, que lorsque vous êtes venue j'allais lui parler de nos projets et de notre mariage...
ABIG.VIL, avec joie.
En vérité!... (a pari.) El moi qui le soupçonnai:-... (Haut et avec