ACTE IV,. SCÈNE IV
imotion.) Pardon, Arthur... ce que vous me dites-là est Lien.
MASHAM.
N'est-ce pas?... et ce soir... chez elle.,, bien certainement je lui en parlerai.
ABIGAÏL
Non... non, je vous en conjure, ne vous rendez pas à ses ordres... trouvez un prétexte...
MASHAM.
Y pensez-vous?... c'est roffenser... c'est nous perdre!...
AbIGAÏL.
N'importe!... cela vaut mieux...
MASHAM.
Et pour quelle raison?
ABIGAÏL, aTec embarras.
C'est que... ce soir... et à peu près à la même heure, la reine m'a chargée de vous dire qu'elle voulait vous voir, vous parler, et qu'elle vous attendrait peut-être!... ce n'est pas sur!
Je comprends!... et alors j'irai chez la reine..
ABIGAÏL
Non, VOUS n'irez pas non plus !
MASHAM.
Et pourquoi donc?
ABIGAÏL
Je ne puis vous l'apprendre... Prenez pitié de moi, car je suis bien tourmentée, bien malheureuse...
MASHAM.
Qu'est-ce que cela veut dire?
ABIGAÏL
Écoulez-moi, Arthur... m'aimez-vous comme je vous aime?
MASHAM.
Plus que ma vie...
ABIGAÏL
C'est ce que je voulais dire !... Eh bien! quand même j'aurais l'air de nuire à votre avancement, ou à votre fortune, et quelque absurdes que vous semblent mes avis ou mes ordres, donnezmoi votre parole de les suivre sans m'en demander la raison.
MASHAM.
Je vous le jure!
474 tE VERRE d'eA.U.
Pour commencer, ne parlez jamais do notre mariage à la duchesse,
MASHAM.
Vous avez raison, il vaut mieux en parler à la reine...
ABIGAlLj virement.
Encore moins!...
MASHAM.
C'est pour cela, cependant, que ce malin je lui ai demandé une audience... et je suis sûr qu'elle nous protégerait, car elle m'a accueilli avec un air si aimable et si bienveillant.
ABIGAÏL, à part.
11 appelle cela de la bienveillance.
MASHAM.
Et elle m'a tvndu gracieusement sa belle main que j'ai baisée. (A Abigaii.) Qu'avez-vous? la vôtre est glacée?...
ABTGAÏL.
Non... (A pari.) Elle ne m'avait pas dit cela !... (Haui.) Et moi aussi, Masham, je suis déjà en grande faveur auprès de la reine... je suis comblée de ses bontés, de son amitié, et cependant, pour notre bonheur à tous deux, mieux eût valu rester pauvres et misérables et ne jamais venir ici, à la cour, au milieu de tout ce beau monde, où tant de dangers, tant de séductions nous environnent.
MASHAM, avec colère.
Ail! je comprends... quelques-uns de ces lords... de ces grands seigneurs... On veut nous séparer, nous désunir... vous ravir à mon amour...
Oui, c'est à peu près cela. Silence, on frappe : c'est Bolinghroke, à qui j'ai écrit de venir! Lui seul peut me donner avis el coiiseil.
MASHAM.
Vous croyez?
ABIGAÏL
Mais pour cela, il faut que vous nous laissiez!
MASHAM, élonié.
Moi!...
ACIG.UL.
Ah! VOUS m'avez promis obéissance...