ACTE V, SCÈNE VITI
BOLIXGBROKEj s'avançanl v rs les seigneurs de la cour qui sont dans le fond, el prenant le milieu du IhéMre.
Permettez!... J'ai à vous dire...
LA DUCHESSE, s'adressant à Bolingbrok.'.
Et moi, je demanderai à Mylord comment un prisonnier confié à sa garde est libre en ce moment, et par tjuel motif?
BOLINGBROKE, se tournant vers l'asscmbloe.
Un motif auquel vous auriez tous cédé comme moi, Mylords! M. Masliam m'a demandé, sur sa parole et sur son honneur de gentilhomme, la permission de faire ses adieux à Abigaïl Churchill.,, sa femme...
LA REINE ET LA DUCHESSE, poussant un cri.
Ociel!...
LA REINEj avec agitation.
Messieurs!... Messieurs!... (Leur faisant signe de s'éloigner.) Un instant, je vous prie ! . . . (Ils s'éloignent tous de quelques pas ; la reine reste seule sur le devant du théâtre avec Bolingbroke.)
LA REINE, à demi-voix.
Ah! qu'avez-vous fait?...
BOLINGBROKE, de même.
Vous m'avez dit de vous sauver... (a la reine qui ne peut caclier son
émoiion.) aHous^ ma souveTaine... et puis, fallait-il laisser déshonorer cette jeune fille qui venait de se dévouer pour Votre
Majesté?
LA REINE, avec courage, et comme ayant pris sa résoluiion. Non!... (A demi-voiï.) Dites-leur d'approcher. (Bolingbroke fait un signe; Abigaïl et Misliam, qui s'étaient tenus à l'écart, s'avancent timidement.) LA REINE, avec émotion et à voix basse, à Abigaïl,
Abigaïl... ce que vous venez d'entendre... il faut que cela soit... ne le démentez pas... Encore cette preuve de dévouement... et ma reconnaissance, mon amitié vous sont à jamais acquises...
ABIGAÏL, à la reine, avec épincliemenl.
Ah! Madame... si vous saviez...
BOLINGBROKE, lui coupant la parole.
bilencel... (ll fait signe à Masliam qui, à son tour, s'avanc: près de la reine.)
LA REINE
Quant à vous, Masham...
BOLINGBROKE, bas, à Masliam.
Refusez !
LA REINE
Je sais que d'autres idées, peut-être... mai.s par lo dévoue-
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ment que vous lui portez... votre reine vous le demande...'
MASHAM.
Moi, Madame..:
LA REINE
Elle vous l'ordonne ! flous deux s'inclinent et passent à droite du théâtre.) LA REINE, s'adressant aux personnes Je la cour, et prenant le milieu du Ihfâlre.
Mvlords et Messieurs, les graves événements que madame la diicliesse vient tle nous apprendre vont hâter des mesures que nous méditions depuis longtemps. Sir Harley, comte d'Oxford, et lord Bolingbroke, mes nouveaux ministres, vous' expliqueront demain nos intentions... Nous rappelons mylord duc de Marlborough dont le talent et les services deviennent désormais inutiles; et, décidée à une paix honorable, nous entendons que, dans le plus bref délai, les conférences s'ouvrent à Utrecht, entre nos plénipotentiaires et ceux de la France.
BOLINGBROKE, qui est place i droite entre Masliara et Abigaïl, bas à Abtgaîl.
Eh bien, Abigaïl, mon système n'a-t-il pas raisoa? Lord Marlborough renversé... l'Europe pacifiée...
MASHAM, lui reinclUnt k'S papiers que la reine a eijnéà.
Bolingbroke ministre !
liOLINGBROKE.
Et tout cela, grâce à un verre d'eau !
r IN bU VERRE D EAU,