ACTE I, SCÈNE I. 2H
EMMKRIC.
Oui... pauvre Aline ! je l'ai vue si souffranle!
HECTOR
il n'y paraît plus! fraîche et jolie comme les amours... Mais elle a persuadé à son père que l'air de la capitale lui ferait du bien... et quand on est un des premiers négociants de Bordeaux, et qu'on n'a qu'une fllle...
EMMERIC.
Et quand viennent-ils?
HECTOR
Eh! mais... ils devraient déjà être arrivés.
EMMERIC.
Comment le sais-tu ?
Ne suis-je pas l'homme d'affaires de M. Clérambeau?... As-tu oublié ce procès si embrouillé que je lui ai gagné, et pour lequel j'ai fait deux voyages, l'année dernière, à Bordeaux... 11 m'avait donné ses pleins pouvoirs pour lui retenir un appartement.
EMMERIC.
Eh bien?
HECTOR
Eh bien? j'ai pensé qu'au coin de la rue de Richelieu et du boulevard des Italiens... il y avait un hôtel très-confortable... l'hôtel de Castille.
EMMERIC.
Celui-ci !
HECTOR
J'ai retenu l'appartement du premier, deux mille francs par mois... Ton oncle est riche, et puis l'avantage de loger dans la même maison que son neveu...
E.MMERIC, lui sautant au cou.
Ah! mon ami, quelle bonne idée! quelle joie de revoir ma famille!... Aline, ma sœur, ma compagne et mon élève! Nous faisions de la musique ensemble.
HECTOR
Nous serons ses chevaliers.
EMMERIC.
Tu donnera? le bras à mon oncle.
Nous les conduirons partout... Au palais de justice.
EMMERIC.
A la première représentation de mon opéra.
HECTOR
11 n'est pas achevé!.. *
EMMERIC, vivement.
Il le sera!., je veux qu'elle soit témoin d'un triomphe... car elle s'y connaît... Une voix charmante! et un goût... Je me remets à l'ouvrage... (Courant au piano.) J'ai retrouvé mon quintette, j'ai le motif, écoute plutôt...
HECTOR, prenant une chaise.
Quel plaisir ! (s'anèunt.) Tais-toi donc !
EMMERIC, s'arrèlant.
Comment?...
HECTOR, éeoulanl aussi.
On monte l'escalier... N'entends-tu pas?
EMMERIC, (le même.
Eh ! oui! cette voix !... (La porle s'ouvre.)