LOUISE, EMMERIC, M. DE SAINT-GÉRAN
EMMERIC, s'approchant respectueusement de LouUe qu'il salue.
Madame la comtesse se porte- l-elle bien?
LOUISE, froidement et lui faisant la révérence. Très-bien, Monsieur... (Se meltant à g ucbe devant son métier à broder.) Je
sais que vous avez à parler d'affaires avec M. le comte, je ne vous en empêche pas !
M. DE S.4OT-0ERAN, attirant Emuieric près de lui à droite, et à voix basse.
Je me douie que vous avez un long récit à me faire... Vous venez de chez elle!...
EMMERIC, troublé.
C'est-à-dire, Monsieur...
M. DE SAINT-GÉRAN
Ah ! vous nous l'aviez promis.
EMMERIC
Et je l'ai fait... non sans hésiter, j'en conviens... inais il y avait là du monde que je ne m'attendais pas à y rencontrer,., et je n'ai pas encore pu lui parler.
M. DE SAINT-GÉRAN, riant.
Vous en avez été ravi...
EMMERIC, cÛTemeut.
C'est vrai !... car tout ce qui peut retarder une pareille explication...
M. DE SAINT-GÉRAN, souriant.
Eh bien! que vous disais-je? vous le voyez déjà?... On ne brise pas à son gré de pareils nœuds.
EMMERIC.
J'y parviendrai, je vous le jure !
M. DE SAINT-GÉRAN
Eh bien! alors, il faut y retourner ! il faut tout lui dire! le plus tôt vaut le mieux.
EMMERIC.
Oui, Monsieur.
M. DE SAIÎNÏ-GÉRAN.
A la bonne heure!... Je vous reverrai aujourd'hui, dès que tout sera terminé.
EMMERIC.
Tantôt... ce soir, je Tespère.
M. DE SAINT-GÉRAN
J'attends votre ami Ballandard, qui doit passer ici en sortant du Palais, et, avant, je vais mettre en ordre des papiers que je lui ai promis... et dont il a besoin pour notre procès... Vous le permettez?
EMMERIC, s'inclinant
Comment donc, monsieur le comte...
M. DE SAlNT-GÉRAN, lui tendant la main. Ainsi, à tantôt... (m. de Saint-Géran sort par le fond.)