ACTE II, SCÈNE VI. 2o
EMMEKIC^ avec oolère<
Hector!...
HKCTOR.
Ses propres paroles... je les tiens de loi, et tout se trouvait rompu... Mais voilà qu'un rival, un fat, défend à Emmeric de s'y rendre. Et lui, qui ne voulait pas, qui était décidé à ne pas y aller, me répond maintenant...
M. DE SAINT-GÉBAN.
Qu'il ira?...
HECTOR
C'est absurde ! n'est-il pas vrai ?
M. DE SAIiNT-GÉRAN.
Non, c'est tout naturel!...
EMMERIC, vivement.
ÎS'est-ce pas, Monsieur?
M. DE SAINT-GÉHAN.
Oui, sans doute, et j'en ferais autant...
HECTOR, stupéfait et laissant tomber (es bnf«
Alors, nous n'y sommes plus.
M. DE SAINT-GÉRAN
Si, vraiment ! nous y sommes... et si vous voulez vous en rapporter à moi.,.
HECTOR ET EMMERIC.
Oui, certainement!
M. DE SAINT-GÉRAN, gravement.
Puisque Emmeric est décidé à rompre avec cette femme, il ne doit plus la revoir.
HECTOR
Bravo !
M. DE SAINT-GÉRAN
Ni paraître dans sa loge.
HECTOR
Bien jugé!...
M. DE SAIMT-GÉRAN.
Il viendra dans la mienne... Nous en avons une..
EMiVlERlC, stupéfait.
Monsieur!..
M. DE SAIÎNT-GÉRAN,
Avec son beau-père et Aline sa future, que j'inviterai...
EMMERIC.
Permettez!...
2o8 FNE CHAINE.
M. DE SAINT-GÉRAN
Aux yeux et à la face de celui qui vous a défié !... Vous me le montrerez, et dans Tentr'acte vous me donnerez le bras... Nous trouverons moyen de nous en apiirocher, et alors je dirai devant lui et devant ceux qui Tentoureront, que je vous ai offert dans ma loge ainsi qu'a votre prétendue, une place que vous refusiez d'abord... et si nous voyons en ses traits le moindre sourire de doute ou d'incrédulité, je vous permets de lui en demander raison... Je serai là, je serai votre témoin...
HECTOR
0 ciel !
M. DE SAINT-GÉRAN
Ah ! il ne faut pas croire... qu'une rupture n'amène pas quelques coups d'épée ou quelque chose de ce genre-là...
EMMERTC.
Je le sais. Monsieur; et je m'y attends, je le désire, même... J'irai dans votre loge... j'irai...
HECTOR
A la bonnne heure! Et en retournant chez ton oncle qui t'attend et qui s'impatiente peut-être... tu peux lui transmettre l'invitation de monsieur le comte, pour demain ..
M. DE SAlNT-GÉRAN.
Oui, sans doute. Allez vite, pendant que nous, nou.»^ allons
parler procès. (Emmeric quitte la droite, reii onte le tliéâlre, le traverse et v,i prendre sur la table son chapeau qu'il y a ^lacé.) HECTOR.
A vos ordres.
M. DE SAINT-GÉR.\N
Et si demain monsieur Ballandard veut accompagner ses amis... avec nous à l'Opéra...
HECTOR
Quoi! vraiment? monsieur le comte, vous seriez assez bon...
(Bas, à Emmeric qui est près de lui.) 0 ViCtOria!... Si cllc pOUVait V aller !
(Haut) Mais je crains d'être indiscret, je crains de vous gêner...
M. DE SAINT-CÉRAN, souriant.
Du tout!... une loge immense... aux nremières, numéro 10... entre les colonnes.
E.MMERIC ET HECTOR, stupéfaits et à part. 0 ciel !... (Emmeric, qui avait pris son chapeau et qui allait partir, s'arrête.) M. DE SAINT-GÉRAN.
Ma femme l'a obtenue d'une de ses amies qui vient de la lui